Description d'un combat

2009
Auteur : Marin, Maguy
Année de création : 2009

 
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Description d'un combat

Conception Maguy Marin

" Homme que tu es, corps scandant l'espace-temps, si le temps qui t'est imparti te semble si bref, et qu'une seconde t'en échappe, ta vie s'en est-elle pour autant envolée ?
Arrivé trop tard, alors trop tôt, pour rien ! sous la lumière qui a déposé son ombre, d'un seul élan, pourtant tu te heurtes.
Te voilà pris au beau milieu de forces contraires, luttant entre des circonstances à venir - forçant les anciennes à ne point s'ensevelir, et des situations passées
- poussant les prochaines à surgir.
Ainsi, tout enveloppé dans les vents favorables ou contraires, ton présent est leur choc, et ta résistance leur persistance (à l'un comme à l'autre, aidé par l'un comme par l'autre, selon)
à ne pas qu'ils s'étouffent ou s'annihilent.
Alors, au cœur de « ce mal de mer sur la terre ferme », par la bifurcation que ta présence interpose, tu fais exister ce passé et ce futur qui ne cessent de finir ou commencer.
Et, inlassablement, tu cherches en ce lieu (ton lieu) - ce point de confluence de forces en lutte, la distance nécessaire pour exercer une vision impartiale de ce qui se joue.
Va-t-il falloir s'élever par-dessus le front encore brûlant, pour trouver, dans la diagonale frayée par ton affrontement, la position à tenir ?
L'emplacement pour tenir bon ta position de tiers – de témoins, de relais, qui permettra de dégager en toute circonstance les tiraillements funestes qui se sont engagés, laissant ainsi percevoir, pourtant pas très loin, un espace d'amitié.
Mais la lutte interminable et ombrageuse, te laissera-t-elle assez de souffle ?
Tant dévorante par sa persistance, elle ne cesse de t'éloigner de cette possible conciliation transmissible, te laissant alors seulement imbriqué dans l'existence de cette césure des temps s'affrontant, faisant de ton sol d'habitation un champ de bataille.
Alors, il s'agirait peut-être de ne pas chercher à combler la brèche, mais plutôt de « savoir comment t'y mouvoir ?».
Faire expériences et critiques, dans cet ensemble de corps posés, allant et venant, en travers des temps.
Surgir par la vie, au milieu de ceux partis et de ceux pas encore là, prenant la rafale du passé qui « n'est même pas passé » comme un intervalle appelé à se peupler sans pour autant supprimer l'entre-deux. Ne pas craindre de ne plus connaître le nom du « trésor » hérité tant il n'avait pas prévu sa propre venue.
« - Tiens que se passe-t-il, te voilà tout courbé !  
- Oui, mais sache que la courbure est probablement le chemin le plus court pour atteindre ce qui semble inatteignable, peut-être même inattendu."

Source : Compagnie Maguy Marin

Générique

conception Maguy Marin en étroite collaboration avec Ulises Alvarez, Yoann Bourgeois, Peggy Grelat-Dupont, Sandra Iché, Matthieu Perpoint, Agustina Sario, Jeanne Vallauri, Vania Vaneau, Vincent Weber textes Homère, Victor Hugo, Charles Péguy, Lucrèce, Ezra Pound, Heinrich von Kleist, Élisabeth Ière d'Angleterre et Dolores Ibárruri musique Denis Mariotte, lumières Alexandre Béneteaud,  costumes et mannequins Montserrat Casanova assistée de Claudia Verdejo, éléments de décor Louise Gros, son Antoine Garry direction technique Alexandre Béneteaud, régie lumière Gilbert Guillaumond, régie plateau Michel Rousseau fabrication des costumes Séverine Allain, Nelson Estibill, Claireline Gibert, Martin Peronard, Laura Pignon, Marie-Noëlle Scaglia, construction du décor et des accessoires Nicolas David, Aurélie Ducuing, Eric Faure, Nelly Geyres, Laetitia Tricoire, Aurora Van Dorsselaer

Réalisation vidéo : Charles Picq
Production : Maison de la Danse

Créé le 8 juillet 2009 au Festival d'Avignon
durée 1h06

Coproduction Festival d'Avignon 2009, Théâtre de la Ville de Paris, MC2 de Grenoble, Centre chorégraphique national de Rillieux-la-Pape/Cie Maguy Marin
Avec l'aide exceptionnelle de la Région Rhône-Alpes

mise à jour : mars 2012

Marin, Maguy

Danseuse et chorégraphe née à Toulouse, Maguy Marin étudie la danse classique au Conservatoire de Toulouse puis entre au ballet de Strasbourg avant de rejoindre Mudra (Bruxelles), l’école pluridisciplinaire de Maurice Béjart. En 1978, elle crée avec Daniel Ambash le Ballet-Théâtre de l’Arche qui deviendra en 1984 la Compagnie Maguy Marin. Le Centre chorégraphique national de Créteil et du Val-de-Marne voit le jour en 1985: là se poursuivent un travail artistique assidu et une intense diffusion de par le monde.
En 1987, la rencontre avec le musicien-compositeur Denis Mariotte donne lieu à une longue collaboration.
Une nouvelle implantation en 1998, pour un nouveau Centre Chorégraphique National à  Rillieux-la-Pape. Un “nous, en temps et lieu” qui renforce notre capacité à faire surgir « ces forces diagonales résistantes à l’oubli » (H. Arendt).
L’année 2011 sera celle d’une remise en chantier des modalités dans lesquelles s’effectuent la réflexion et le travail de la compagnie. Après l’intensité des années passées au CCN de Rillieux-la-Pape, s’ouvre la nécessité d’une nouvelle étape à partir d’un ancrage dans la ville de Toulouse à partir de 2012. En janvier 2015, Maguy Marin et la compagnie retrouvent l'agglomération lyonnaise. Une installation à Ramdam à Sainte-Foy-lès-Lyon qui enclenche le déploiement d’un nouveau projet ambitieux : ramdam, un centre d’art.

Source  : Compagnie Maguy Marin

En savoir plus

compagnie-maguy-marin.fr