Parades & changes, replays

2008
Année de création : 1965

 
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Parades & changes, replays

Conception et direction artistique Anne Collod en dialogue avec Anna Halprin

1965 : Première création collective affichée comme telle par Anna Halprin, parades & changes est issue des expérimentations menées depuis la fin des années 40 par la chorégraphe sur la performance et l'improvisation.

Cette œuvre majeure s'articule autour de
la banalité des gestes du quotidien tels que s'habiller et se déshabiller. Les danseurs finissent par s'envelopper d'une immense feuille de papier couleur chair qui se froisse et se déchire dans le silence. Cette mise en scène de la nudité fera interdire le spectacle aux Etats-Unis pendant vingt ans. Elaborée en collaboration avec le compositeur Morton Subotnick, le mode de composition de cette création est basé sur une partition complexe, qui autorise une flexibilité complète de sa structure, et permet la coopération entre artistes de plusieurs disciplines. 2008 : Pour parades & changes, replays, Anne Collod initie une collaboration avec Anna Halprin et Morton Subotnick, compositeur et co-créateur de la pièce en 1965. Se joignent à elle deux chorégraphes qui participent depuis de nombreuses années au travail de la chorégraphe américaine
et connaissent particulièrement bien son œuvre, Alain Buffard et Boaz Barkan, ainsi que Boris Charmatz, Vera Mantero et DD Dorvillier. Tous sont curieux de se confronter au travail d'Anna Halprin et à son actualité.

“La question : « Quelles possibilités d'être ensemble la danse invente-t-elle ? » est une de celles qui conduisent mon travail de création et de recherche depuis plusieurs années. C'est elle qui m'a conduit à rencontrer Anna Halprin, femme extraordinaire, chorégraphe novatrice dont le travail offre des réponses d'une humanité incandescente à cette interrogation.
Elle également qui est le moteur du projet dont il est question ici, et qui mène mon désir de travailler plus particulièrement à cette pièce de 1965, qui dynamitait en son temps les codes en vigueur dans la danse et sa représentation : parades & changes. Quels peuvent être les effets produits par la remise en jeu des multiples scenarios de cette pièce, dans un temps et des lieux autres, par des acteurs d'aujourd'hui en prise directe avec les questions qui agitent le champ contemporain ? Comment créer les conditions d'un échange fructueux entre Anna Halprin et une nouvelle génération
de danseurs et de chorégraphes ? Autant d'enjeux qui sont au cœur du projet parades & changes, replays.” Anne Collod

Sources : Dossier de presse Biennale 2008

Générique

Conception et direction artistique Anne Collod en dialogue avec Anna Halprin
Musique Morton Subotnick assisté de Sébastien Roux
 Réinterprétation et performance Boaz Barkan, Nuno Bizarro, Alain Buffard, Anne Collod, DD Dorvillier, Vera Mantero - Lumières Mikko Hynninen - Coordination artistique Cécile Proust Costumes et éléments scénographiques Misa Ishibashi - Elaboration graphique des partitions Mathias Poisson et Anne Collod - Direction technique et régie son Nicolas Barrot - Chargés de production Camille Desjardins, Marie Roche, Henri-Jules Julien

Production : ...& alters - Coproduction : Festival d'Automne à Paris, Les Spectacles vivants - Centre Georges Pompidou, Biennale de la Danse de Lyon, CNDC d'Angers, Manège de Reims - Scène Nationale, CCN de Montpellier Languedoc Roussillon - Avec le soutien de : Culturgest Lisbonne et Le Vivat Scène conventionnée d'Armentières, Micadanses Paris pour le prêt du théâtre et des studios - Et de : Fondation Beaumarchais, Culturesfrance, Consulat de France à New York, Consulat de France à San Francisco

Réalisation vidéo : Charles Picq
Production : Biennale de la Danse, Maison de la Danse

Mise à jour : février 2012

Halprin, Anna

Depuis la fin des années 30, Anna Halprin donne à la danse des directions révolutionnaires qui inspirent des artistes de tous les secteurs. Par ses étudiantes, telles que Trisha Brown, Yvonne Rainer et Simone Forti, Anna Halprin a profondément influencé le Judson Dance Theater new-yorkais, foyer de la danse post-moderne. Dépassant les notions traditionnelles de la danse, Anna Halprin a poussé ses limites afin d’aborder des questions sociales, de bâtir une communauté, d’encourager une guérison physique mais également émotionnelle et de relier les gens à la nature. En réponse aux émeutes raciales des années 60, elle réunit un groupe de danseurs noirs et un groupe de danseurs blancs dans une performance collaborative intitulée « Ceremony of Us ». Elle crée ensuite la première compagnie de danse multiraciale et se penche progressivement sur les thématiques relatives à la justice sociale. Lorsqu’au début des années 70, on lui diagnostique un cancer, elle intégre la danse à son processus de guérison et crée par la suite des programmes de danse novateurs destinés à des patients atteints du cancer ou du sida.      

Avec son mari, le paysagiste Lawrence Halprin, elle imagine des techniques permettant de générer une créativité collective. À la fin des années 60 et au début des années 70, elle dirige plusieurs ateliers intitulés « Experiments in the Environment », qui rassemblent des danseurs, des architectes et d’autres artistes et explorent la créativité de groupe liée à la conscience de l’environnement dans un cadre rural ou urbain. Les performances d’Anna Halprin sortent de plus en plus des théâtres et s’inscrivent au sein d’une communauté, venant en aide à la population afin d’aborder des questions sociales et émotionnelles.

Au cours de sa longue carrière, Anna Halprin crée plus de 150 œuvres de danse-théâtre et écrit trois livres. Plusieurs de ses danses sont le fruit de ses expériences personnelles. Par exemple, après que son mari a dû faire face à une crise engageant son prognostic vital, elle imagine la performance « Intensive Care : Reflections on Death and Dying » (2000). Face à son propre vieillissement, elle décide de travailler auprès des personnes âgées de sa communauté et élabore « Seniors Rocking » (2005), pièce jouée à l’extérieur par plus de 50 seniors assis dans des fauteuils à bascule. En mémoire de son mari, elle crée une trilogie, incluant « Spirit of Place », une œuvre imaginée pour un lieu particulier, le théâtre extérieur qu’il avait dessiné (jouée en 2009, peu de temps avant son décès). En 2013, elle retravaille sa pièce avant-gardiste « Parades and Changes » (1965) ; tout en conservant l’essentiel, elle ajoute de nouvelles parties afin d’augmenter sa pertinence dans le monde d’aujourd’hui.

Source: Site de Anna Halprin

En savoir plus

annahalprin.org


Collod, Anne

Initialement diplômée en biologie et en aménagement des espaces naturels, Anne Collod est danseuse contemporaine et chorégraphe.

En parallèle à un parcours d’interprète auprès de différents artistes chorégraphiques (Pierre Deloche, Philippe Découflé, Fabrice Ramalingom et Hélène Cathala, Stéphanie Aubin), sa rencontre avec la cinétographie Laban (système d’écriture et d’analyse du mouvement, dont elle est diplômée en 1993) la conduit à s’intéresser à la recréation, à partir de partitions, d’œuvres chorégraphiques du XX° siècle et à co-fonder le Quatuor Albrecht Knust (1993-2001). Ce collectif d’interprètes recrée plusieurs pièces emblématiques, dont la pièce mythique de Vaslav Nijinsky, L’Après-midi d’un Faune.

En 2001, elle recrée plusieurs danses chorales allemandes des années 30, et continue en parallèle à collaborer avec divers chorégraphes (Boris Charmatz, Cécile Proust, Alain Michard, Laurent Pichaud).

A partir de 2003, elle poursuit un travail de réinterprétation d’œuvres chorégraphiques du 20e siècle en l’axant sur les « utopies du collectif ». Ce thème l’amène à fonder l’association …& alters , qui articule dans ses projets recherche, pédagogie et création, et l’incite à rencontrer la chorégraphe américaine Anna Halprin, pionnière de la danse post-moderne.

Elle débute alors un travail au long cours avec elle :

– participation au collectif d’improvisation à Sea Ranch (Californie) et aux performances françaises de la chorégraphe américaine (Festival d’Automne, Musée d’Art contemporain de Lyon, etc)

– projet « Empreintes » qui interroge les notions de partition et de processus comme supports de création et d’interprétation, à partir de l’une des œuvres majeures d’Anna Halprin (projet soutenu en 2005 par l’Aide aux Ecritures Chorégraphiques du Ministère de la Culture) ;

– réinterprétation in-extenso de « Parades and Changes » en dialogue avec Anna Halprin et Morton Subotnick (compositeur et co-créateur de la pièce de 1965) : créée en 2008 à la Biennale de la danse de Lyon, présentée au Festival d’Automne à Paris, « parades & changes, replays » est suivie en 2011 d’une nouvelle version « parades & changes, replay in expansion », qui tourne depuis en France et à l’étranger. « parades & changes, replays » a été récompensée par un Bessie Award à New-York en 2010.

 

Anne Collod ouvre en 2010 une nouvelle phase de travail autour de la thématique des danses macabres et des liens entre les vivants et les morts.

Elle bénéficie pour l’année 2010-2011 de l’Aide à la Recherche et au Patrimoine du Ministère de la Culture et est lauréate du programme Hors les Murs de l’Institut Français/Ministère des Affaires Etrangères pour ce projet de recherche qui la mène au Mexique et au Japon, et lui permet de recréer une danse macabre allemande des années 30, la Danse Macabre du chorégraphe et pédagogue Sigurd Leeder.

Elle crée à l’automne 2014 une pièce issue de ces recherches, intitulée « Le parlement des invisibles ». Hantée par la Danse Macabre de Sigurd Leeder, cette pièce fait interagir archives filmées et actualisations dansées en direct et entrelace mémoire et fiction, poignant et grotesque pour célébrer la façon dont les disparus -êtres et œuvres- nous interpellent et nous mettent en mouvement.

Elle s’intéresse également à la création in situ, et a notamment présenté en 2007, « (faire) cabane » avec le designer et performeur Mathias Poisson, une proposition plastique et chorégraphique in situ pour un chœur d’amateurs et de matériaux, présentée dans différents festivals.

Elle prépare pour la saison 2016-2017 une nouvelle création, « Exposure », proposition immersive chorégraphique, sonore et lumineuse qui interroge la notion d’échanges énergétiques entre une performeuse et un environnement industriel. 

Elle est membre du collectif Dingdingdong -Institut de co-production de savoir sur la maladie de Huntington- qui rassemble des artistes, des chercheurs et des philosophes. Elle est créatrice du département danse au sein de l’Institut. Dingdingdong mobilise des pratiques et expertises multiples issues des arts et de la recherche en sciences humaines afin de se donner les moyens d’explorer la maladie de Huntington telle une planète encore en partie inconnue. Anne Collod est co-créatrice de la performance Bons Baisers de Huntingtonland, présentée à Rio de Janeiro en 2013 et aux Subsistances-Lyon en 2014.

Elle est par ailleurs diplômée de la méthode Feldenkraïs et est régulièrement invitée à enseigner dans différents lieux de formation (Université Paris VIII, CCN de Montpellier, CDC Toulouse, etc).

Anne Collod est artiste associée à la Briqueterie/Centre de Développement Chorégraphique du Val de Marne de 2014 à 2017.

Source : Site d'Anne Collod

En savoir plus

annecollod.com

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