Political Mother Extrait

2016
Année de création : 2015

 
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Political Mother

«[Political Mother] est beaucoup plus complexe à maints égards, elle aborde plusieurs sujets et couches de sens et amène différents mondes et diverses réalités sur scène, explique-t-il au bout du fil, d’une voix douce qui contraste avec son oeuvre vigoureuse. Le jeu se fait à travers le montage de ces mondes» qui s’entrechoquent.
Pour l’artiste, la danse est une affaire d’énergie et d’extrêmes: de la pénombre à la surexposition lumineuse, des harmonies lancinantes aux décharges sonores, de la danse libératrice à l’aliénation de la meute. Furieuse et incarnée, celle-ci alterne solos/duos et tableaux d’ensemble, en les braquant. Et elle s’accompagne toujours d’une musique tonique, voire tonitruante, entre rock sale et harmonies moyen-orientales, qu’il compose lui-même, en dialogue avec les musiciens qui l’interpréteront en direct sur scène.
«Ce n’est pas une pièce philosophique, prévient-il, c’est de la danse, alors ça revient toujours à l’énergie – et d’abord celle des danseurs qui évoquent un groupe d’adeptes enthousiastes ou de suiveurs soumis à des diktats opprimants.» Des enjeux de pouvoir et d’émulation qu’on retrouve tant dans l’arène politique que dans la cellule familiale, d’où le titre de la pièce. Political Mother carbure à l’ambiguïté des sentiments d’amour/haine, d’empathie/domination.
«Ce qui est intéressant, c’est d’expérimenter les différences et les liens émotifs, et d’explorer le matériel gestuel, sonore et musical en rapport avec tout ça.»

Au-delà des mots

Shechter s’intéresse d’abord à ce qu’on peut apprendre humainement du langage brut de la danse, de la musique et de la performance scénique. Comment faire autrement quand les tensions à l’oeuvre dans le monde ne suivent elles-mêmes aucune logique? Quand on lui demande s’il y a plus de rage que de tendresse dans son travail, il formule le souhait que les deux s’équilibrent. Le «chaos massif» de sa pièce reste encore bien celui d’une ville écrasée sous les tirs des AK-47. La pièce parle de «destruction pour nous aider à nous concentrer sur les corps».
Son oeuvre n’a pourtant rien à voir avec la guerre, hormis peut-être les émotions radicales qu’elle brasse et qui tiraillent les humains. Mais Israël demeure après tout sa terre natale, coeur d’un déchirement géopolitique insondable. Il a aussi été formé à la Batsheva Dance Company d’Ohad Naharin, dont il se réclame encore aujourd’hui.
Sa danse en porte la marque, avec une influence marquée de Wim Vandekeybus (qu’il a côtoyé au sein de la Batsheva): physiquement puissante, tragique dans l’exultation, émanant d’un propos sociopolitique sous-jacent, latent, qui ne se manifeste jamais de manière logique ou littérale. Si quelques fragments de texte traversent Political Mother, il s’en sert «comme un écho».

Née… d’une boucle de batterie

Qu’est-ce qui vient en premier, la chorégraphie ou la musique? Hofesh Shechter, rompu à la danse comme aux percussions, pourrait bien répondre les deux.
«La musique définit beaucoup l’énergie et la structure de la pièce, elle est toujours très liée à la chorégraphie», explique-t-il en insistant sur le fait que les musiciens, dans sa pièce Political Mother, font partie des «personnages» sur scène et contribuent au processus de provocation émotive qui s’y joue.
Dans l’avant-propos du dossier de presse, signé de sa main, il raconte méticuleusement son processus de création, allers-retours entre les deux arts. Et souligne sa «passion pour les basses fréquences».
L’œuvre est née d’une boucle de batterie initiale – très librement inspirée d’un groove de Peter Gabriel – aussi obsédante qu’inexorable. Amplifiée de chants aux sonorités égyptiennes, puis de cordes. Le tout finalement interprété par un bassiste, cinq batteurs-guitaristes et un percussionniste.

source : larotonde.qc.ca

Générique

Chorégraphie et musique : Hofesh Shechter
Danseurs : Maëva Berthelot, Winifred Burnet-Smith, Chien-Ming Chang, Katherine Cowie  Christopher Evans, Bruno Karim Guillore, Philip Hulford, Jason jacobs, Sita Ostheimer  Hannad Sheperd
Musiciens : Yaron Engler (batterie, bendir), Joseph Ashwin (guitare), Joel Harries (guitare, batterie), Edward Hoare (guitare, batterie), Normam Jancowski (batterie, pandeiro), James Keane (batterie), Vincenzo Lamagna (guitare), Andrew Maddick (guitare)   
Joueurs de cordes (sur la bande sonore) : Christopher Allan (violoncelle), Rebekah Allan (alto), Laura Anstee (violoncelle), Nell Catchpole (alto), Tim Harries (contrebasse), Andrew Maddick (alto), Kai West (contrebasse)
Interprète invité spécial : Leon Baugh
Doublures   Laura de Vos, Yeji Kim
Montage son : Tony Birch 
Création costumes: Merle Hensel  
Création lumières: Lee Curran

Coproduction : Biennale de la danse de Lyon, Théâtre de la Ville, Romaeuropa, Mercat de les Flors - Produit en collaboration : Theatre Royal (Plymouth) - Avec le soutien de : DanceXchange (Birmingham) - Commande du : Brighton Dome and Festival, Sadler’s Wells Theatre (Angleterre), Movimentos, Festwochen der Autostadt (Wolfsburg, Allemagne)

La partition de Political Mother a été composée en collaboration avec la Guildhall School of Music & Drama (Londres) et barbicanbite09 (Londres) - La Hofesh Shechter Company est en résidence à Brighton Dome et reçoit le soutien du Arts Council England.

Compagnie James Carlès Danse & Co

La Compagnie James Carlès œuvre à la valorisation des formes chorégraphiques issues des traditions sociales et populaires en occident. En 1998 James Carlès crée le centre de danse et le festival « Danse à Toulouse », vitrine de cette démarche atypique, dont le festival « Danse et Continents noirs » créé en 2007, est un prolongement.

Au sein de ses créations, la compagnie tend à confronter des cultures chorégraphiques diverses à d’autres formes d’art. Elle mène également des activités autour de la recherche, la conservation, la transmission, la diffusion et la sensibilisation des publics.

En 2015 la compagnie change de nom et devient la Compagnie James Carlès Danse & Co.

www.jamescarles.com
 
 
 

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Centre Chorégraphique James Carlès

Centre Chorégraphique James Carlès

Le Centre Chorégraphique James Carlès œuvre à la valorisation des formes chorégraphiques issues des traditions sociales et populaires en occident. En 1998 James Carlès créé le centre de danse éponyme autour de plusieurs axes : -La pratique amateur -La formation professionnelle conventionnée -La compagnie James Carlès Dance & Co -Le festival Danses et Continents Noirs -Des résidences pédagogiques (stages et Masters Class avec des artistes internationaux) Au sein de ses créations, la compagnie tend à confronter des cultures chorégraphiques diverses à d’autres formes d’art. Elle mène également des activités autour de la recherche, la conservation, la transmission, la diffusion et la sensibilisation des publics.

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