[Sous le signe de] St Georges

2015
Année de création : 1991

Extrait de la pièce de Régine Chopinot remontée par le groupe ARC (Strasbourg), répétition et coordination artistique Sylvain Boruel, Michèle Rust, dans le cadre de "Danse en amateur et répertoire" (2014)

 
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Danse en amateur et répertoire

Le CN D coordonne un programme d’accompagnement de la pratique amateur au-delà de la phase d’apprentissage technique et du cours de danse, qui permet à des groupes de danseurs, composé d’un minimum de cinq danseurs, de découvrir une écriture chorégraphique à travers une œuvre significative dans l'histoire de la danse, et ayant connu l'épreuve de la scène, ou des danses non reliées à une pratique scénique (danses traditionnelles, danses du monde…) en se confrontant aux sources de cette pratique.

Ouvert à tous les styles et à toutes les histoires de danse, le projet comporte deux volets : l’appropriation dansée d’une œuvre ou l’exploration d’un corpus de danses, la connaissance approfondie de l’environnement culturel du répertoire travaillé.

Le programme permet aux groupes et à leurs coordinateurs artistiques de rencontrer et travailler avec un professionnel confirmé (chorégraphe et/ou interprète du répertoire choisi, notateur ou collecteur) : son intervention auprès du groupe couvre un volume de trente à quarante heures, et plus, réparties en fonction des nécessités de travail. Le groupe s’engage à présenter son travail en public deux fois au minimum, dont une lors d’une journée nationale rassemblant les différents groupes retenus et leur donnant ainsi accès à une grande scène.

[Sous le signe de] St Georges

Chorégraphie Régine Chopinot
Extrait chorégraphique remonté par le groupe ARC (Strasbourg), répétition et coordination artistique Sylvain Boruel, Michèle Rust, dans le cadre de Danse en amateur et répertoire (2014)

 

Le groupe
Un conservatoire n’est-il pas, par excellence, un lieu de pratique amateur ? Créé voici trois ans, l’Atelier de recherche chorégraphique du conservatoire à rayonnement communal de Strasbourg (mille deux cents élèves en danse) est le fer de lance d’une réflexion autour de cette question. Ses dix membres, d’âges (dix-sept à cinquante-deux ans) et de niveaux et intensités de pratique très divers, ont développé leur travail régulier au jour, notamment, des acquis des Carnets Bagouet sur la question de la transmission des écritures contemporaines. Aujourd’hui, le choix de « St Georges », de Régine Chopinot, pièce inspirée par l’observation de la sculpture romane, entre en résonance citoyenne avec les célébrations des mille ans de la cathédrale de Strasbourg.

Le projet
Généralement peu investie dans l’entretien de son propre répertoire, Régine Chopinot en est venue à s’engager très activement dans l’invention d’une variation à partir de « St Georges ». Elle y a insufflé une forte exigence, et partagé sa pratique du yoga, qu’elle initiait avec cette pièce en 1991. Le processus originel d’observation de dessins décrivant les sculptures d’époque romane a été reconduit. La singularité chorégraphique réside dans la quête des sources du mouvement à partir de formes graphiques figés. Elle réside encore dans les soucis de précision, de dessin des visages, de forte frontalité, d’emboîtement des corps entre eux, et d’encastrement des motifs dans des cadres d’exposition resserrés (mandorles, frises, frontons).

La chorégraphe
Figure de proue de la « nouvelle danse française », Régine Chopinot dirige le CCN de La Rochelle – Ballet Atlantique, de 1986 à 2007. De lointaine source cunninghamienne, elle réalise des pièces à grand format, foisonnantes d’inventivité, en résonance avec l’humeur dynamique, optimisante et chromatique des années 1980 – cela notamment à travers une longue collaboration avec le couturier Jean-Paul Gaultier. En 1991, sa pièce « St Georges » s’infléchit vers une tonalité plus retenue, et marque le début de l’introduction du yoga dans le quotidien de ses danseurs. Depuis une douzaine d’années, Régine Chopinot a pris des options plus austères, exigeantes, à résonances politiques. Elle ne s’est jamais souciée jusqu’à ce jour de l’entretien de son propre répertoire.

 

 

GÉNÉRIQUE

 

Création les 8 et 9 novembre 1991 à La Coursive - Scène nationale de La Rochelle
Pièce pour 13 danseurs John Bateman, Jeannette Carol Brooks, Boris Charmatz, Régine Chopinot, Philippe Combes, Jacqueline Fischer, Joseph Lennon, Samuel Letellier, Georgette Louison Kala-Lobé, Joel Luecht, Marianne Rachmuhl, Lin-Guang Song, Éric Ughetto
Musique Anne-Marie Deschamps, interprétée par L’ensemble Mora Vocis
Sons André Serré
Bande son Nicolas Barillot, Régine Chopinot
Costumes Hortense de Boursetty

Transmission John Bateman, Régine Chopinot, Virginie Garcia
Danseurs Marcos Bompadre, Clara Bottlaender, Alexia Bretaudeau, Maeva Caboche, Hortense de Boursetty, Célestine de Williencourt, Léo Gaspari, Angélique Hertzog, Anna Kalyvi, Manu Konstantinidis

Durée de l’extrait 15 minutes
Réalisation CND
mise à jour : mai 2016

Chopinot, Régine

Régine Chopinot, née en 1952 à Fort-de-l'Eau en Algérie, est très vite attirée par la danse. Après des cours de danse classique, elle découvre la danse contemporaine avec Marie Zighera en 1974. Devenue lyonnaise, elle y fonde en janvier 1978 sa première compagnie, la Compagnie du Grèbe qui associe danseurs, comédiens et musiciens. Elle signe alors ses premières chorégraphies. Trois ans plus tard, elle reçoit le deuxième prix au Concours chorégraphique international de Bagnolet (Seine-Saint-Denis) pour la pièce « Halley's Comet » (1981) rebaptisée « Appel d'air ». Ses créations suivantes, « Délices » et « Via », ouvrent la chorégraphie aux apports d'autres médias dont le cinéma. C'est avec « Délices » (1983) que Régine Chopinot commence sa longue collaboration avec le couturier Jean Paul Gaultier, qui marquera l'époque, avec des pièces comme « Le Défilé » (1985), « K.O.K. » (1988), « ANA » (1990), « Saint Georges » (1991) ou « Façade » (1993). Nommée en 1986, directrice du Centre chorégraphique national de Poitou-Charentes à La Rochelle (où elle succède au Théâtre du Silence de Jacques Garnier et Brigitte Lefèvre), qui devient en 1993 le Ballet Atlantique-Régine Chopinot (BARC), Régine Chopinot multiplie les rencontres artistiques : avec des plasticiens comme Andy Goldsworthy, Jean Le Gac ou Jean Michel Bruyère, des musiciens comme Tôn-Thât Tiêt ou Bernard Lubat.

Au début des années 1990, elle quitte – selon son expression – les « espaces de grande légèreté » où, très jeune, elle s'était fait connaître, notamment dans sa collaboration avec Jean Paul Gaultier. Elle se passionne alors pour des expériences de confrontation de la danse contemporaine aux éléments et aux rythmes naturels et de sa mise à l'épreuve de pratiques et de sciences du corps anciennes et complexes, comme le yoga. En 1999, dans le cadre des « artistes associés », Régine Chopinot invite trois personnalités de la danse contemporaine à collaborer pendant trois ans à son projet artistique : Françoise Dupuy, Dominique Dupuy et Sophie Lessard rejoignent l'équipe de danseurs permanents et d'intervenants-chercheurs du BARC, comme interprètes, pédagogues et chorégraphes.

En 2002, elle ouvre le triptyque de la Fin des Temps, une longue remise en cause de l'écriture et de la création chorégraphique conséquente à une mise en crise volontaire des notions générales de temps, de mémoire et de construction. « Chair-obscur », son premier chapitre, est tourné vers un effacement du passé, de la mémoire, et « WHA » vers la disparition du futur. « O.C.C.C. » se préoccupe du « temps qui reste », de ce qu'il reste à faire, ce qui peut être fait encore, à l'endroit simple et essentiel de la représentation. En 2008, « Cornucopiae », la dernière pièce créée au sein de l'institution, signe la fin d'une forme de représentation et ouvre vers une autre proposition de perception sensorielle.

Parallèlement à son travail de chorégraphe, Régine Chopinot collabore en tant qu'interprète avec des artistes qui lui sont proches : Alain Buffard (« Wall dancin' - Wall fuckin' », 2003 ; « Mauvais Genre », 2004), Steven Cohen (« I wouldn't be seen dead in that ! », 2003). Ou encore, elle forme et dirige des danseurs vietnamiens dans le cadre d'une collaboration avec l'École supérieure de danse du Vietnam et l'Opéra-Ballet de Hanoï (« Anh Mat », 2002 ; « Giap Than », 2004). En 2008, la chorégraphe quitte le CCN de La Rochelle et crée la compagnie Cornucopiae - the independent dance, la nouvelle structure qui porte désormais, création et répertoire, tous les travaux de Régine Chopinot. En 2010, elle choisit le port de Toulon pour y vivre et travailler.

Depuis 2009, Régine Chopinot s'aventure, questionne et approfondit sa recherche du corps en mouvement en lien avec la force de la parole auprès de cultures organisées par et sur la transmission orale, en Nouvelle-Calédonie, en Nouvelle-Zélande, au Japon. De nombreux actes artistiques jalonnent ces trois dernières années : pièces chorégraphiques et films réalisés à partir des expériences artistiques In Situ ont été créés dans le cadre du projet Pacifique Sud. La relation privilégiée initiée depuis 2009 avec le groupe du Wetr (Drehu/Lifou), aboutit à la création de « Very Wetr ! » au Festival d'Avignon en juillet 2012, repris au Centre national de la danse en février 2013.

En savoir plus

Site de Cornucopiae

Dernière mise à jour : février 2013

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