Cour d'honneur

2013
Auteur : Bel, Jérôme
Année de création : 2013

Jerôme Bel questionne la mémoire du théâtre, en s'appuyant sur les souvenirs, sentiments de spectateurs ayant assisté à des représentations données dans la Cour d'Honneur du Palais des Papes à Avignon.

 
close

Cour d'honneur

Chaque pièce de Jérôme Bel est une réflexion sur le fonctionnement de la représentation théâtrale, sur le dispositif théâtral occidental. C’est là une de ses obsessions, avec la question de la mémoire. Il avait déjà mis en scène la mémoire de la danseuse Véronique Doisneau et celle du danseur Pichet Klunchun, mais il avait depuis longtemps l’envie de faire un spectacle sur la mémoire du théâtre. Et comme, dans son optique, "celui qui fait l’expérience globale de la représentation théâtrale est le spectateur (et pas le technicien de théâtre ou l’interprète, qui eux, […] ne peuvent en avoir qu’une expérience partielle)", ce spectacle devait tout autant devenir un spectacle sur les spectateurs.

Le Festival d’Avignon lui a donné la possibilité de créer son spectacle sur une scène emblématique qui symbolise tous les théâtres : la Cour d’honneur du Palais des papes d’Avignon dont la mémoire peut valoir pour la mémoire de tous les autres théâtres, "pour TOUT le théâtre autant que cela puisse".

Dans ce spectacle, "il fallait donner la place qui devait revenir au spectateur : la place d’honneur." Jérôme Bel met en scène de véritables spectateurs, de tous âges, ayant toutes sortes de professions, des spectateurs qu’il a rencontrés suite à la diffusion d’un "avis de recherche" : "En vue de la pièce qu’il prépare pour la Cour d’honneur du Palais des papes en 2013, Jérôme Bel souhaite rencontrer des spectateurs ayant assisté à un ou plusieurs spectacles dans ce lieu depuis la création du Festival. Il les recevra à l’École d’Art, sans rendez-vous, de 15h à 17h, du lundi 11 au vendredi 22 juillet, sauf samedi et dimanche."

Chacun des spectateurs évoquera donc ses souvenirs de représentations auxquelles il a assisté dans la Cour d’honneur du Palais des papes, lors des précédentes éditions du Festival d’Avignon. Chacun convoque la mémoire de son expérience, bonne ou mauvaise. Cette parole, critique et subversive, car habituellement tue, Jérôme Bel l’a convoquée pour répondre à cette question : au-delà des interrogations abstraites sur l’importance de l’art et de la culture, "qu’est-ce que l’art produit sur les gens dont l’art n’est pas le métier ? Qu’est-ce que le théâtre produit dans la vie des gens qui agissent dans un autre champ professionnel ? Quelles sont les conséquences des spectacles sur les spectateurs, en bien ou en mal ?"

source : culturebox

Générique

Date : 19 juillet 2013
Durée : 2h 0min
Genre : Théâtre
Festival : Festival d'Avignon 2012
Auteur : Jérôme Bel assisté de Maxime Kurvers
Metteur en scène : Jérôme Bel assisté de Maxime Kurvers
Acteurs (+rôles) : Isabelle Huppert, Samuel Lefeuvre, Antoine Le Ménestrel, Agnès Sourdillon, Maciej Stuhr, Oscar Van Rompay
Réalisation : Don Kent / La Compagnie des Indes
Production : Festival d'Avignon, France Télévisions et Association R.B. (Jérôme Bel)-Paris
Textes : Paul Claudel, Euripide, Ödön von Horváth, Heinrich von Kleist, Jonathan Littell, Molière
Spectateurs : Virginie Andreu, Elena Borghese, Vassia Chavaroche, Pascal Hamant, Daniel Le Beuan, Yves Leopold, Bernard Lescure, Adrien Mariani, Anna Mazzia, Jacqueline Micoud, Alix Nelva, Jérôme Piron, Monique Rivoli, Marie Zicari

Bel, Jérôme

    

Jérôme Bel, né en 1964, vit à Paris. Il travaille internationalement. Il a été élève du Centre National de Danse Contemporaine d'Angers de 1984 à 1985. De 1985 à 1991, il a dansé pour plusieurs chorégraphes en France et en Italie. En 1992, il a été assistant à la mise en scène de Philippe Découflé pour les cérémonies des XVIème Jeux Olympiques d'hiver d'Albertville et de la Savoie.

Sa première pièce, une chorégraphie d'objets, s'intitule « nom donné par l'auteur » (1994). La seconde, « Jérôme Bel » (1995), est basée sur l'identité et la totale nudité des quatre interprètes. La troisième, « Shirtologie » (1997), a été faîte à la demande du Centro Cultural de Belem (Lisbonne) et de Victoria (Gand). En 2000, une version japonaise de la pièce a été produite à Kyoto et à Tokyo. « Shirtologie » met en scène un acteur portant plusieurs dizaines de T-shirts trouvés dans le commerce. Puis « C’est Le dernier spectacle » (1998), qui en citant plusieurs fois un solo de la chorégraphe allemande Susanne Linke, mais aussi Hamlet ou André Agassi, essaie de définir une ontologie du spectacle vivant.

En 1999 Jérôme Bel demande à Myriam Gourfink de lui chorégraphier un solo : « Glossolalie » (1999). La pièce « Xavier Le Roy » (2000) sera signée par Jérôme Bel mais entièrement réalisée par le chorégraphe français vivant à Berlin, Xavier Le Roy. « The show must go on » (2001) réunit vingt interprètes, dix-neuf chansons pop et un DJ. La pièce est au répertoire du Deutsches Schauspielhaus à Hambourg de 2000 à 2005, et au répertoire du Ballet de l'Opéra de Lyon de 2007 à 2014. En 2003 Jérôme Bel prend une année sabbatique. En octobre, il est co-curateur avec Alain Platel du festival Klapstuk à Louvain en Belgique.

En 2004 il est invité à faire une pièce pour le ballet de l'Opéra de Paris, ce sera Véronique Doisneau (2004), un documentaire théâtral sur le travail de la danseuse du corps de ballet de cette compagnie, Véronique Doisneau. Cette même année, il produit « The show must go on 2 » (2004), pièce qu'il considèrera comme un échec et qu'il retirera du répertoire de la compagnie après les représentations de Bruxelles, Paris, Berlin et Singapour. L'année suivante, invité par le curator Tang Fu Kuen à venir travailler à Bangkok, il produira « Pichet Klunchun and myself » (2005) avec le danseur traditionnel thaïlandais Pichet Klunchun. Cette production met en scène Pichet Klunchun et Jérôme Bel dialoguant sur leurs pratiques artistiques respectives malgré le gouffre culturel abyssal qui les sépare. « Isabel Torres » (2005) pour le ballet du Teatro Municipal de Rio de Janeiro est la version brésilienne de la production de l'Opéra de Paris. En 2008, est édité le Catalogue raisonné Jérôme Bel qui livre une analyse de ses spectacles entre 1994 et 2005. En 2009, il produit Cédric Andrieux (2009) qui s'inscrit dans la série des spectacles qui interrogent l'expérience et le savoir d'interprètes, que forment désormais « Véronique Doisneau »(2004), « Isabel Torres » (2005), Pichet Klunchun and myself (2005) et Cédric Andrieux (2009).

Cédric Andrieux a été pendant 8 ans danseur dans la Merce Cunningham Dance Company puis au Ballet de l'Opéra de Lyon. Cette même année voit le jour « Un spectateur » (2009). C'est une conférence interprétée par Jérôme Bel lui-même qui consiste en un monologue d'une heure environ où Jérôme Bel relate au public certaines expériences qu'il a eues en tant que simple spectateur. En 2010, il signe avec Anne Teresa De Keersmaeker 3Abschied (2010), spectacle qui a pour matériau Le chant de la Terre de Gustav Malher dans la version de Schönberg. En 2012, il crée Disabled Theater (2012), une pièce avec les acteurs professionnels handicapés mentaux du Theater Hora, compagnie basée à Zurich. Dans Cour d'honneur (2013) il met en scène quatorze personnes relatant leurs expériences de spectateurs dans la Cour d'honneur du Palais des Papes au Festival d'Avignon. Avec Gala (2015), le chorégraphe fait danser ensemble professionnels de la danse et amateurs issus de divers horizons. Pour Tombe (2016), pièce créée à l'invitation de l'Opéra National de Paris, Jérôme Bel a proposé à des danseurs du ballet d’inviter, pour un duo, la personne avec laquelle jamais ils ne partageraient cette scène.

Les films de ses spectacles sont présentés lors de biennales d'art contemporain et dans des institutions muséales. Il est régulièrement convié à donner des conférences dans différentes universités. En 2013 paraît « Emails » 2009-2010 (Les Presses du Réel) coécrit avec le chorégraphe Boris Charmatz. Ce livre est publié en ligne et en anglais, toujours aux éditions Les Presses du Réel, en 2016. Jérôme Bel a reçu un Bessie Award pour les représentations de « The show must go on » à New York en 2005. En 2008 Jérôme Bel et Pichet Klunchun ont été récompensés par le Prix Routes Princesse Margriet pour la Diversité Culturelle (Fondation Européenne de la Culture) pour le spectacle Pichet Klunchun and myself. En 2013, « Disabled Theater » a été sélectionné pour le Theatertreffen à Berlin et a reçu le Prix suisses de danse - Création actuelle de danse.

Source: Site de Jérôme Bel

En savoir plus

jeromebel.fr

 

Cette vidéo est aussi présente dans


Collections

FranceDanse Brésil

FranceDanse Brésil

Déposée par : Numeridanse.tv

Affirmant son rôle prescripteur, l’Institut français a conçu l’opération FranceDanse, déclinée depuis 2007 sur tous les continents. Organisé en partenariat avec le réseau culturel français à l’étranger et avec le soutien du Ministère de la Culture et de la Communication, ce temps fort fédère divers partenaires autour d’une programmation artistique commune. Après la Corée, l’Italie, la Russie, le Québec, la Chine ou encore New-York, FranceDanse arrive au Brésil pour plus de 70 représentations dans 15 villes. Avec 16 compagnies françaises aux esthétiques variées, des chorégraphes les plus renommés aux jeunes talents à découvrir, cette édition 2016 offre au public brésilien un temps de rencontre privilégiée avec la création française la plus actuelle. Après la Corée, l’Italie, la Russie, le Québec, la Chine ou encore New-York, FranceDanse arrive au Brésil. Avec plus de 15 compagnies françaises, des chorégraphes les plus renommés aux jeunes talents à découvrir, cette édition 2016 offre un vaste regard sur la vitalité de la danse contemporaine française. Mêlant des esthétiques très variées, c’est un temps de rencontre privilégiée du public brésilien avec la création française la plus actuelle.

Voir la collection