Boot Dance

2009
Année de création : 1979

Extrait du spectacle "Boot Dance" du chorégraphe Walter Nicks qui a permis l'éveil du modern-jazz en France.

 
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Boot Dance

Oeuvre chorégraphié par Walter Ricks.

Reprise par la compagnie James Carlès en 2009.

Nicks, Walter

Walter Nicks, était un professeur international renommé et très apprécié de danse jazz, de danse moderne et de technique Dunham. Nombreux sont ses élèves américains ou européens à se souvenir de ses cours excitants, pleins d’inspiration et d’une intense énergie, dispensés avec une légendaire patience.
Né à Pittsburgh, Pennsylvania le 26 juin 1925, ce danseur africain américain passe son enfance à Cleveland, Ohio où de son propre aveu, il devient un « groupie de Fred Astaire et Ginger Rogers » imprimant les danses dans sa tête pour les ramener chez lui et les apprendre à ses petites sœurs. A cette époque il n’envisageait pas de faire de la danse sa profession.
En 1944, un an après son inscription à l’université Howard, il est recruté par la Karamu Dance Company où il travaillera sous la direction d’Eleanor Frampton, une ancienne danseuse du Denishawn qui reconnaît son talent et le pousse à se rendre à New York pour continuer sa formation.

A partir de 1945, il intègre l’école de Katherine Dunham et y trouve un enseignement extrêmement complet, très en avance sur son époque.
Il y travaille la technique Dunham avec Katherine Dunham, Lavinia Williams, Talley Beatty, Tommy Gomez, Archie Savage, étudie la danse classique avec Todd Bolander (alors danseur de l’American Ballet) et Robert Joffrey, la danse moderne avec Jose Limon, Myra Kinch, la danse jazz avec Marie Bryant, une des assistantes de Jack Cole. Il y apprend de surcroît les claquettes, les danses orientales, espagnoles , les percussions. Il y apprendra également à manipuler plusieurs langues et parlera plus tard couramment le portugais, le suédois, le français et l’espagnol.

Reconnaissant son talent exceptionnel, Katherine Dunham lui accorde une bourse en 1947 pour une formation sur son « Master Teaching Certificate in Dunham Technique », le diplôme de professeur de technique Dunham qu’il obtient en 1948. Une année avant d’obtenir son diplôme, il est nommé Directeur adjoint de l’école Dunham, en 1947, une position qu’il conservera jusqu’en 1953.
Pour Walter, non seulement l’enseignement allait de pair avec la création chorégraphique mais il le considérait comme une des sources de son travail créatif.

Il va chorégraphier un pas de deux qui sera inclus dans le répertoire de la compagnie de Dunham..
En 1948/49, il danse avec Frances Taylor (la future Mme Miles Davis) dans une tournée de 13 mois avec le "Benny Goodman Jazz Review" ;
Dans les années 1950, son nom sera associé à diverses comédies musicales de Broadway :
En 1952, il travaille et se produit également avec Hanya Holm dans "My darling Aïda".
En 1954/55, il assistera Balanchine avant que ce dernier soit remplacé par Herbert Ross dans la comédie musicale "House of Flowers" où il fera travailler la fine fleur de la danse noire américaine de l’époque : Arthur Mitchell, Geoffrey Holder, Carmen De Lavallade, Dolores Harper, Louis Johnson, Donald McKayle, Albert Popwell and Glory Van Scott
En 1956/57, il sera assistant chorégraphe de Jack Cole dans la comédie musicale "Jamaïca" et y dirigera Alvin Ailey et Christyne Lawson

De 1959 à 1963, il sera le chorégraphe de Harry Belafonte pour lequel il chorégraphiera trois grands spectacles : “Tonight with Belafonte” (1959) récompense d’un Emmy, “New York 19” (1960), “Look Up and Live.”
Nombreux sont les artistes connus qui ont travaillé avec lui : Chita Rivera, Marlon Brando, Bernard Johnson, Joan Myers Brown, Pearl Reynolds, Debbie Allen et Tanaquil Leclerq pour n’en citer que quelques uns.

Pendant la même période, après avoir quitté l’école de Katherine Dunham en 1953, il crée une petite compagnie à Mexico, « El Ballet Negro de Walter Nicks » et se produit à Mexico, La Havana, à la télévision de la République Dominicaine et passe cinq mois en Haïti à étudier les danses vaudou.

De retour à New York, il rejoint l’équipe pédagogique de l’école du Dance Theatre of Harlem (il y restera jusqu’en 1973), enseigne au Phillips-Fort Studio (1954-55) et se produit avec Joe Nash et d’autres danseurs dans le ballet “Games” de Donald Mckayle qui ne manque pas de remarquer que « Nicks est un homme d’une grande richesse d’informations et de sagesse à transmettre – non seulement dans le spectacle mais aussi dans ses connaissances du vaudou et des danses d’Amérique centrale et d’Amérique du Sud ».

En 1959, à l’International Summer Academy of Dance in Krefeld, Germany, Walter Nicks introduit l’enseignement de la danse jazz en Europe. Il a entre autres comme élèves Susanne Linke et Pina Bausch. Sa pédagogie s’attache à développer l’expression essentielle de l’individu en se focalisant sur des esprits et des corps bien formés. Cette expérience et son travail de pionnier vont avoir un large impact et l’embarquent, en 1960, dans une carrière internationale de professeur, danseur, chorégraphe et administrateur, carrière assez unique pour un danseur africain américain,

En Suède, il devient consultant à l’Université de Stockholm (1960-67) et professeur invité à la Swedish Ballett Academy. Il va également se produire avec sa petite compagnie. De 1961 à 1965, il paraît plusieurs fois à la télévision suédoise et plus particulièrement dans une série d’émissions d’importance : « Introduction to jazz ballet » en 1966. Professeur et directeur du département jazz à la Statens Dansskola de Stockholm de 1967 à 1971, il chorégraphie la production suédoise de West Side Story en 1968, danse dans un concert sur de la musique sacrée de Duke Ellington à la Gustav Vasa Church in Stockholm en 1969, retransmis dans toute la nation.
« La Suède m’a prouvé que ma carrière n’était pas un simple coup de chance, mais que ma formation était solide, mon succès mérité et surtout que j’avais quelque chose à offrir. » déclare-t-il.

Pendant ce temps, il assure également les fonctions de consultant du gouvernement de Guinée en 1963, où il étudie les danses traditionnelles , formule des conseils et des recommandations qui aboutissent à la création du Ballet national « Djoliba » par le président Sékou Touré.

Pendant les années 1960, il enseigne régulièrement dans divers stages et festivals en Allemagne, en Italie, en Espagne, en Finlande et en France où les stages organisés par la Fédération Française de Danse vont lancer avec succès la danse jazz dans notre pays.
En 1972, la FFD lui demande de fonder le Walter Nicks Dance Theatre Workshop, une compagnie qui tournera en France, en Belgique et aux Antilles françaises.
Il sera de surcroît co-fondateur et directeur artistique du centre de formation professionnelle de Poitiers de 1982 à 1992.

Sa carrière européenne ne l’empêche pas de continuer son activité aux Etats-Unis. A partir de 1973, il affilie sa compagnie au Connecticut College American Dance Festiva, enseigne la danse, donne des conférences, des lectures démonstration, des ateliers.
De 1973 à 1981, sa compagnie va participer au National Endowment for the Arts’s “Artists-in-the-Schools” , un programme de neuf ans.
En 1989, il chorégraphie « Spirit Blues » pour le Ballet national de Finlande.

Walter Nicks était un membre et artiste résident au Connecticut College (American Dance Festival), l'University of Maryland, le Bard College, la Duke University (1991), et l'University of Nevada, Las Vegas (1992-94).
Récemment il a chorégraphié “Trance Atlantic” pour la compagnie Philadanco (2000)
Il a enseigné à Howard University. Il a enseigné et dansé à l’Hommage rendu à Katherine Dunham pour le festival de danse Jacob Pillow en 2002.

Que dire de plus de cet homme si ce n’est le citer lorsqu’il poussait ses étudiants à révéler leurs sentiments en relation à la musique, l’espace et aux autres danseurs sur scène : « Vous n’avez pas besoin d’être un virtuose pour contrôler votre corps, mais en revanche vous devez bien le connaître.»

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Carles, James

James Carlès est chorégraphe, chercheur et conférencier. Il reçoit une formation initiale en danses et musiques d'Afrique et de sa Diaspora puis il se forme auprès des grands noms de la danse moderne à New York et à Londres principalement. Depuis 1992, il a engagé une démarche artistique et analytique qui explore les "lieux de jonctions" entre les danses, rythmes et philosophies d'Afrique et de sa Diaspora avec les techniques et les cadres de pensées occidentales. A ce jour, le répertoire de sa compagnie est riche de plus d'une cinquantaine de pièces de sa propre création et d'auteurs comme Katherine Dunham, Pearl Primus, Talley Beatty, Asadata Dafora, Géraldine Armstrong, Rick Odums, Wayne Barbaste, Carolyn Carlson, Robyn Orlin, etc.

Danseur soliste et performer hors pair, James Carlès a été interprète et collaborateur artistique pour non seulement, de nombreux "ensembles musicaux" allant du Baroque, à la musique contemporaine, en passant par le Jazz; mais également des chorégraphes tels que Carolyn Carlson, Robyn Orlin, Rui Horta, Myriam Naisy, etc.

Artiste associé à l'Astrada-Jazz In Marciac de 2012 à 2014, chercheur associé au laboratoire LLA Créatis de l'université Jean-Jaurès de Toulouse, James Carlès est particulièrement investit dans des projets patrimoniaux pour la diversité et la diffusion de la culture chorégraphique.
Il est également créateur et directeur artistique du festival "Danses et Continents Noirs".