Hôsôtan

1972
Année de création : 1972
Déposée par : Numeridanse.tv

Pour cette performance qui date de 1972, Hijikata nous donne à voir un corps primitif qui puise ses énergies au creux de son ventre et, lentement, émerge du néant pour accéder à la conscience de soi.

 
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Hôsôtan

Pour cette performance qui date de 1972, Hijikata nous donne à voir un corps primitif qui puise ses énergies au creux de son ventre et, lentement, émerge du néant pour accéder à la conscience de soi.

Hijikata, Tatsumi

Danseur et chorégraphe, créateur du butô, Tatsumi Hijikata (1928-1986) fut également enseignant. C’est peut-être en raison du fait qu’il considérait que la danse contemporaine japonaise débutait avec lui que ses créations ont trop souvent été comprises comme l’expression et le symbole d’un Japon post-atomique rejetant toutes formes d’acculturation avec l’Occident. Or une lecture attentive de son œuvre révèle une pensée moins univoque et beaucoup plus riche.

Dans le Japon d’après-guerre, Hijikata était une personnalité excentrique revendiquant son positionnement aux côtés des exclus, des marginaux et des opposants. Le Japon des années 70 fut marqué par une opposition virulente à la politique gouvernementale et fut secoué par d’importantes convulsions sociales (principalement en 1960 et 1968). Dans une société en crise, qui défend l’intégrité de la Constitution de 1947 et dénonce le Traité de sécurité nippo-américain, c’est un corps également en crise, privé d’une motricité normale, qui est donné à voir par Hijikata dans ses spectacles.

Ses œuvres sont nourries du travail de création qu’il a mené avec d’autres artistes, notamment des plasticiens, comme Natsuyuki Nakanishi ou Eikoh Hosoe. Hijikata considérait que les arts de la scène, la littérature et les arts plastiques étaient indissociablement liés. Ses influences principales sont à chercher du côté de Vaslav Nijinski, de Mary Wigman et de la Neue Tänze allemande, d’Antonin Artaud et de Jean Genet, ou encore en peinture de Francis Bacon.

A partir de 1972, alors qu’il s’éloignait de plus en plus de l’improvisation, il mit au point une méthode pour transmettre des formes et des gestes à ses danseurs, on parle de « kabuki du Tôhôku ». Tatsumi Hijikata n’eut jamais l’occasion de présenter son butô, son corps réel et ses corps fictionnels hors du Japon.

Source: Le Consortium

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leconsortium.fr