Magical

2014
Année de création : 2010
Déposée par : Biennale de la danse

La chorégraphe performeuse Anne Juren et la metteuse en scène Annie Dorsen reprennent cinq gestes iconiques de l’histoire de la performance, les décontextualisent et les mettent à distance en les transposant dans l’univers de l’illusion.

 
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Magical

 Solo - Réalisation : Annie Dorsen et Anne Juren - 2010

Extrait inspiré d'une performance de Marina Abramović

Quand une chorégraphe/performeuse française, Anne Juren, et une metteure en scène new-yorkaise, Annie Dorsen, choisissent de « rejouer » avec de la magie 5 gestes iconiques de l’histoire de la performance des années 60-70, ce n’est pas dans un but nostalgique, ni de création d’un répertoire. Magical est une pièce qui décale le discours féministe de ces actions. Le corps féminin est-il une illusion ?

En 1964, Yoko Ono invite les spectateurs à découper ses vêtements. En 1967 Valie Export s’expose une arme à la main, jambes écartées, les pantalons découpés au niveau du sexe. En 1975, Carolee Schneemann se livre à un rituel avec des corps nus et de la viande crue, tandis que Martha Rosler parodie une femme dans la cuisine. Un an plus tard, Marina Abramović, la tête couverte d’un foulard noir, danse 6 heures nue devant le public. 5 femmes, 5 gestes, 5 performances historiques. C’est cela que rejoue Anne Juren dans Magical. Mais comme le titre l’indique, la magie entre en scène et les actions sont alors décalées. Que reste-t-il de l’engagement féministe des années 60-70 et de la radicalité de ces performances ? Le spectacle d’une femme nue ? Une illusion d’optique ? Pourquoi pas ! Magical revendique le divertissement trash et kitsch, c’est toujours mieux que la nostalgie.

Source : Biennale de la danse

Crédits

Chorégraphie, magie et performance : Anne Juren — Répétiteur magie : Steve Cuiffo — Conception musicale : Christophe Demarthe — Régie plateau : Roland Rauschmeier — Assistant régie plateau : Sebastian Bauer — Conception lumière : Bruno Pocheron avec Ruth Waldeyer — Directeur technique (Lyon) : Bruno Pocheron — Costume : Miriam Draxl — Assistant de production : Ruth Ranacher — Manager artistique : Silke Bake


Juren, Anne

Cie Wiener Tanz-und Kunstbewegung

Née en 1978 à Grenoble, Anne Juren vit et travaille entre sa ville natale et Vienne (Autriche). Après ses études de lettres modernes et de danse au Conservatoire national supérieur de musique et de danse de Lyon, elle complète sa formation aux studios de Trisha Brown à New York. À côté de ses activités de danseuse avec divers chorégraphes (Saskia Hölbling, Laurent Pichaud, Xavier Leroy), elle participe à plusieurs laboratoires de recherche en danse. Ses créations « Oslo » (2001), « À ? »(2003), « J'aime » (2004) en collaboration avec Alice Chauchat, « Komposition » (2008), « Pièce Sans Paroles » avec Annie Dorsen et DD Dorvillier et « Magical » avec Annie Dorsen ont été présentées dans plusieurs festivals et lieux de danse européens et internationaux.

À travers ses projets, Anne Juren explore les multiples impacts et modulations du mouvement chorégraphiques juxtaposés à différents contextes. En 2006-2007, elle est artiste en résidence au Tanzquartier (Vienne) et participe au programme artistique européen IDEE. En septembre 2009, elle est invitée à participer à la première expo zéro du Musée de la danse à Rennes. Fin 2012, elle présente sa nouvelle pièce intitulée « Lost and Found ».

Plus d'informations : http://www.wienertanzundkunstbewegung.at/

Dernière mise à jour : juin 2012


Dorsen, Annie

La dramaturge et metteuse en scène Annie Dorsen intervient dans différents domaines dont le théâtre, le cinéma, la danse et, depuis 2009, le théâtre algorithmique. En avant-première lors du dernier Holland Festival, sa pièce de théâtre musicale « Yesterday Tomorrow » est ensuite jouée sur différentes scènes, dont le festival MaerzMusik (Berlin), le T2G dans le cadre du Festival d’Automne (Paris), Le Maillon (Strasbourg) et le Théâtre Garonne (Toulouse). Son précédent projet algorithmique, « A Piece of Work », présenté en avant-première par l’association On the Boards (Seattle), a notamment été proposé au Parc de la Villette (Paris) et au Next Wave Festival de la Brooklyn Academy of Music (New York).

En 2012, elle crée « Spokaoke », un projet de karaoké participatif où les chansons pop sont remplacées par des discours politiques et historiques. Sa première pièce de théâtre algorithmique, « Hello Hi There », en avant-première lors du festival Steirischer Herbst (Graz) en 2010, est présentée dans plus de 20 salles et festivals d’Europe et des États-Unis, mais aussi sous forme d’installation à la Bitforms Gallery de New York. En 2008, elle coécrit et met en scène la comédie musicale « Passing Strange », à Broadway. Spike Lee réalise alors un film à partir de cette comédie musicale, dont la première a lieu au Sundance Film Festival en 2009 ; le film est ensuite projeté partout aux États-Unis, du Tribeca Film Festival au South by Southwest Film Festival, avant sa sortie à l’IFC Center et sa diffusion par la série américaine « Great Performances » sur PBS en 2010. La même année, Annie Dorsen collabore deux fois avec la chorégraphe française Anne Juren : une première fois sur la pièce « Magical », présentée au festival ImPulsTanz (Vienne), puis une deuxième fois, aux côtés de DD Dorvillier, dans Pièce sans paroles au théâtre Brut (Vienne) et aux Rencontres chorégraphiques internationales de Seine-Saint-Denis (Paris).

Il lui arrive souvent de travailler avec des musiciens et compositeurs : Questlove of The Roots pour la pièce « Shuffle Culture » (BAM), Laura Karpman et Jessye Norman pour « Ask Your Mama », adaptation d’un des poèmes de Langston Hughes de 1962 (Carnegie Hall), et avec le quatuor à cordes ETHEL pour Truckstop (BAM). Son projet de représentation pop-politique « Democracy in America est présenté au PS122 (New York) en 2008. Son court-métrage « I Miss », qui devait constituer la pièce maîtresse de Democracy in America, est projeté lors de différents festivals aux États-Unis : American Film Institute Festival (AFI Fest), SXSW Film Festival, New York Film Festival (dans la section « Views From the Avant-Garde ») et Nantucket Film Festival.

Elle est récompensée aux OBIE Awards 2008 et elle reçoit le prix Herb Alpert Award in the Arts en 2014.

Source: Site du Théâtre de Gennevilliers

En savoir plus

anniedorsen.com

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