Democracy

2014
Année de création : 2013
Déposée par : Biennale de la danse

Si la musique fait autorité, si la musique incarne la loi, quelle peut être alors la position de la danse ? Suivre le rythme ou faire l’expérience de l’insurrection ? Maud Le Pladec place le corps au centre du débat politique.

 
close

Democracy


Chorégraphe : Maud Le Pladec

Création 2013

Si la musique fait autorité, si la musique incarne la loi, quelle peut être alors la position de la danse ? Suivre le rythme ou faire l’expérience de l’insurrection ? Avec DEMOCRACY Maud Le Pladec place le corps au centre du débat politique pour une danse d’ « intérêt public ».

En 4 batteries et 5 danseurs, Maud Le Pladec choisit de poursuivre son travail sur la confrontation entre musique et danse. Une confrontation musclée à la hauteur des deux partitions choisies : Dark Full Ride de l’américaine Julia Wolfe, une composition pulsionnelle qu’elle compare à « un cri, une invitation à faire l’expérience de la nature instable du corps collectif, social ou politique et des forces contradictoires qui le constituent ». Ensuite une composition originale de l’italien Francesco Filidei, l’idée étant de faire se rencontrer 2 esthétiques : le post-minimalisme américain et la scène musicale contemporaine européenne. Ça c’est pour la forme.
Mais DEMOCRACY va au-delà, car l’enjeu est politique. Le titre n’est pas innocent, en référence directe aux thèses du philosophe Miguel Abensour, qui signait en 2009 : Pour une philosophie politique critique. L’occasion pour Maud Le Pladec de pointer « la différence entre le système juridico-politique qu’on appelle communément démocratie et le vrai Demos, qui est un processus d’individualisation, une expérience des subjectifs. C’est là que cela m’intéresse. J’ai voulu questionner les rapports de force entre la musique et la communauté. Poser la question de l’être ensemble, c’est se demander quel type d’insurrection quand il y a autorité. À quel moment cela devient illégal ? Qu’est-ce que cela veut dire d’aller à l’encontre d’un intérêt public ? »
Alors quel rapport existe-t-il entre ces questions d’ordre politique et la confrontation danse/musique ? Un rapport direct pour la chorégraphe qui déclare : « C’est très fort, la musique, plus que les corps. Elle fait autorité, elle incarne le pouvoir, elle donne la loi. Comment réagir ? L’énergie est-elle synonyme de liberté ? » Sur le plateau, 5 danseurs pour 4 percussionnistes avec cette question : qui mène la danse ?

 

Crédits

Pièce pour 5 danseurs et 4 musiciens — Création 2013 — Durée 50 min

Chorégraphe : Maud Le Pladec

Danseurs : Nicolas Diguet ou Julien Gallée Ferré, Maria Ferreira Silva, Corinne Garcia, Mélanie Giffard, Simon Tanguy — Musique : Ensemble TaCTuS (YingYu Chang, Paul Changarnier, Quentin Dubois, Pierre Olympieff) — Création lumières : Sylvie Mélis — Création costumes : Alexandra Bertaut — Assistant musical : Gaël Desbois — Documentation : Youness Anzane — Régie générale : Fabrice Le Fur — Assistant création lumières et régie lumières : Nicolas Marc — Régie son : Vincent Le Meur — Création des décors : Vincent Gadras

Le Pladec, Maud

Maud Le Pladec se forme à la danse contemporaine en 1999, en intégrant la formation ex.e.r.ce au Centre Chorégraphique National de Montpellier dirigé par Mathilde Monnier. Elle travaille ensuite à l’étranger, d’abord à Vienne (Autriche), dans le cadre de Dance-web, puis comme interprète dans les projets des chorégraphes Takiko Iwabuchi (Japon), Guillermo Bothello (Suisse), Patricia Kuypers (Belgique), Bojana Mladenovic et Dusan Muric (Serbie).

En 2001, Maud Le Pladec entame son premier projet, dont les enjeux et les préoccupations principaux découlent directement de son séjour à Tokyo. Ce début de chantier marquera aussi l’amorce d’un désir : celui de collaborer et de mettre en place un cadre propice à la recherche chorégraphique. La rencontre avec Mickaël Phelippeau, Typhaine Heissat, Virginie Thomas et Maeva Cunci sera déterminante dans l’affirmation de ces choix. La même année, à l’initiative de ces cinq danseurs, naîtra le collectif Leclubdes5.

Parallèlement, Maud Le Pladec poursuit son parcours d’interprète et participe aux créations "Texture-composite", "Sagen" et "Décomposition" d’Emmanuelle Vo-Dinh. En 2000, elle rencontre Loïc Touzé qui l’invite à travailler, aux côtés de Mathieu Doze, Jennifer Lacey, et Latifa Laâbissi, sur "Morceau-les fondations", première étape du projet au long cours, "Morceau". Cette collaboration se poursuivra, trois ans plus tard, avec la création de la pièce "Love".
En 2004, elle interprète Once upon a time de Georges Appaix. La même année, dans le cadre du collectif Leclubdes5, elle co-signe, avec Mickaël Phelippeau, "Fidelinka" et "Fidelinka-extension", respectivement présentés aux Laboratoires d’Aubervilliers à Paris et aux Subsistances à Lyon.
Elle collabore ensuite avec Mathilde Monnier sur les créations 2008 "Vallée" avec le chanteur Philippe Katerine (2006) et "Tempo 76" (2007), puis au projet "All Cunningham Project" (2008) de Boris Charmatz à Berlin. Elle travaille avec le plasticien Marcel Dinahet sur l’installation "Danseurs Immobile" à la Ménagerie de Verre et sur "Figure" présentée au Centre d’Art La Criée à Rennes.

En 2004, elle intègre la Formation Supérieure de Culture Chorégraphique auprès de la critique de danse Laurence Louppe. Elle est actuellement titulaire du diplôme supérieur en Culture Chorégraphique, après la rédaction et la soutenance d’un mémoire de recherche en danse sur la question de l’analyse d’oeuvre chorégraphique depuis la posture de l’interprète. En 2009, elle interprète "Ciao Bella" du chorégraphe Herman Diephuis, puis assiste le chorégraphe Boris Charmatz au Musée de la Danse sur le projet "Roman Photo". Elle est ensuite interprète dans "Levée des Conflits" (2010), ainsi que dans "Enfant" (2011) de Boris Charmatz.

En 2010, Maud Le Pladec créé "Professor", pièce chorégraphique pour trois interprètes sur la musique de Fausto Romitelli. Professor obtient, la même année, le prix de la Révélation Chorégraphique 2010 par le Syndicat de la Critique Française. En Novembre 2011, elle crée Poetry au festival « Mettre en Scène » au Théâtre National de Bretagne à Rennes, pièce qui forme avec "Professor" un diptyque autour de l’œuvre de Fausto Romitelli.

En février 2012 et 2013, elle est invitée par les Subsistances à Lyon à créer deux pièces autour et à partir de l’œuvre musicale des compositeurs David Lang et Julia Wolfe. "Ominous Funk" et "Demo", créées pour l’occasion, seront le point de départ d’un projet au long cours (2012-2015) autour du collectif de musique contemporaine new yorkais Bang on a can.

En mai 2012, elle crée pour le Festival Les Musiques au Théâtre de la Criée à Marseille une version live de "Professor", en collaboration avec l’Ensemble Ictus sous la direction de Georges-Elie Octors. En novembre 2013, elle poursuit son projet au long cours autour de Bang on a can, en créant "DEMOCRACY", pièce conçue pour cinq danseurs et un ensemble de quatre Batteries, l’Ensemble TaCTuS.


En 2013, elle est lauréate du programme Hors les Murs de l’Institut français et effectue dans ce cadre une recherche à New York sur le collectif Bang on a can et le courant de la musique post-minimaliste américaine. Cette recherche et cette immersion dans le contexte d’émergence de ce courant musical viendront alimenter la création de « DEMOCRACY » en 2013, pièce pour cinq danseurs et quatre batteries (Ensemble TaCtuS) et plus récemment de « CONCRETE » en novembre 2015 (créations Mettre en Scène), projet d’envergure conçu pour cinq danseurs et neuf musiciens de l’Ensemble ICTUS (Bruxelles). En octobre 2015, Maud Le Pladec est invitée par l’Opéra de Lille à collaborer à la création de l’Opéra XERSE (Cavalli/Lully, mise en scène Guy Cassiers, direction musicale Emmanuelle Haim/Concert d’Astrée).

Cette même année, elle initie un nouveau cycle de créations autour de la parole donnée aux femmes en cocréant Hunted avec la performeuse et auteur New Yorkaise Okwui Okpokwasilli dans le cadre d’une commande des Subsistances pour le festival Aire de Jeu. Ce projet ouvre un nouveau chantier de recherche et de création autour du texte, et de la façon dont l’écriture des mots croise celles du mouvement et de la musique, Maud Le Pladec travaille actuellement sur sa prochaine création « MOTO-CROSS » (2017).

Ses œuvres ont été récompensées par plusieurs prix et distinctions : prix de la révélation chorégraphique du Syndicat de la critique française en 2009, Prix Jardins d’Europe en 2010, Chevalier de l’ordre des arts et des lettres en 2015. Maud Le Pladec est artiste associée à La Briqueterie – CDC de Vitry-sur-Seine.
Elle poursuit également son travail d’interprète auprès de Boris Charmatz (« Levée des Conflits », « Enfant » et « Manger »).

Source: Site de Maud Le Pladec

En savoir plus

maudlepladec.com

Cette vidéo est aussi présente dans


Collections

Biennale de la danse

Biennale de la danse

Déposée par : Biennale de la danse

Tous les deux ans, Dominique Hervieu directrice artistique de la Biennale de la Danse élabore la programmation du festival et propose « la Fabrique du Regard ». Cette fabrique a pour but d’aiguiser le regard des spectateurs, d’engager le dialogue avec les artistes et de partager des réflexions esthétiques. Cette collection dédiée à la culture chorégraphique est un outil central de la Fabrique du Regard. Bonnes découvertes …

Voir la collection