Le Sacre du Printemps

2009
Année de création : 1913

Le Sacre du Printemps est considéré comme une œuvre majeure de l'histoire de la modernité, pour la danse comme pour la musique...

 
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Sacre du printemps (Le)

Première à Monaco, créé le 29 mai 1913 au Théâtre des Champs-Elysées à Paris
par les Ballets Russes.

Livret de Nicolas Roerich et Igor Stravinsky
Musique : Igor Stravinsky
Avec la participation de l'Orchestre Philharmonique de Monte-Carlo
Sous la Direction Nicolas Brochot
Chorégraphie de  Millicent Hodson d'après Valslav Nijinsky
Décors et costumes de Kenneth Archer
d'après Nicholas Roerich
Lumière : Dominique Drillot

En 2009, Les Ballets de Monte-Carlo ont célébré dans un esprit festif fuyant tout esprit poussiéreux les œuvres originales et l'héritage des Ballets Russes. Le Sacre du Printemps de Nijinsky a permis d'illustrer la qualité technique émotionnelle et vibratoire qui anime chaque danseur du corps de ballet, celui-ci étant constitué d'autant d'« élus » qu'il est possible de s'imaginer dans une compagnie comprenant cinquante danseurs.

Mise à jour Decembre 2013

Nijinsky, Vaslav

Vaslav Nijinsky

Danseur russe.

Issu d'une famille de danseurs polonais, il entre à l'École de danse de Saint-Pétersbourg en 1898 et se produit au Mariinski dès 1905, célèbre avant même d'être diplômé. Engagé en 1907, il est le partenaire de M. Kschessinska, N. Pavlova et T. Karsavina. Il est la coqueluche de la vie mondaine russe et rencontre en 1908 S. de Diaghilev dont il devient le protégé. Il participe en 1909, avec sa sœur Bronislava Nijinska, à la première saison des Ballets Russes, contribuant largement à son succès. Il se partage entre les deux compagnies, ne quittant le Mariinski qu'en 1911, après y avoir fait scandale avec un costume trop dépouillé dans Giselle. Adulé du public occidental, il crée les œuvres les plus célèbres de M. Fokine, et réalise sa première chorégraphie en 1912. En 1913, il épouse une jeune hongroise, Romola de Pulsky, dont il aura deux filles, Kyra en 1914 et Tamara en 1920. Ce mariage inopiné bouleverse Diaghilev, qui le licencie aussitôt. Une tentative de monter sa propre compagnie échoue à Londres en 1914. En 1916 et 1917, il est de nouveau engagé par Diaghilev pour les tournées américaines de la troupe, au cours desquelles il crée sa dernière chorégraphie, Till Eulenspiegel. À son retour, il s'installe en Suisse, où apparaissent les premiers signes de sa maladie mentale. Entre deux séjours à l'hôpital, il travaille à un système d'écriture de la danse, dessine, et commence à rédiger son journal, aujourd'hui publié. Il danse en 1919 un dernier solo terrifiant sur la guerre. Il sombre ensuite définitivement dans la folie et meurt à Londres en 1950 ; son corps est transporté en 1953 au cimetière Montmartre à Paris.

Passant inaperçu en société, doté d'un physique ingrat pour un danseur, avec sa petite taille et ses cuisses épaisses, Nijinski entre dans la légende à une époque où la danse masculine est peu appréciée en Europe occidentale. À la perfection de sa technique, marquée par une élévation et un ballon exceptionnels, il joint un pouvoir de séduction et de transfiguration scénique stupéfiants qui font de lui un véritable génie de la danse à la grâce inégalée. Inspirant à Fokine ses plus beaux ballets, il marque à jamais les rôles qu'il a créés, le plus souvent aux côtés de Karsavina. Poète romantique dans les Sylphides, Esclave sensuel dans Schéhérazade, bondissant Arlequin dans Carnaval, douloureux Pantin dans Petrouchka, Fleur androgyne dans le Spectre de la rose, il investit chaque personnage avec une justesse et une plénitude qui emporte le public dans un émerveillement sans cesse renouvelé.

Chorégraphe, Nijinski tourne le dos à la danse qui a fait sa gloire et élabore, avec l'appui de Diaghilev, des œuvres qui déconcertent le public (Jeux), ou le scandalisent (l'Après-midi d'un faune, le Sacre du printemps). Lent à créer, il ne sait pas se faire comprendre des danseurs, hostiles à une danse si étrangère à leur formation, mais bénéficie de l'assistance constante de sa sœur. Écartant toute virtuosité, il sculpte les corps dans une gestuelle différente pour chaque ballet, totalement originale, et dont seuls quelques artistes (A. Rodin, J. Cocteau, Valentine Hugo entre autres) apprécient la valeur artistique et la puissance d'expression. Comète au destin tragique, son personnage hante l'imaginaire de nombreux artistes, comme M. Béjart qui en donne sa vision dans Nijinski, clown de Dieu.


(Marie-Françoise Bouchon sous la direction de Philippe Le Moal, Dictionnaire de la danse, Larousse, 1999)

La compagnie des Ballets de Monte-Carlo

 

L'ANCRAGE DE LA DANSE À MONACO : LES BALLETS RUSSES

1909 marque le début d'une forte implantation de l'art chorégraphique à Monaco. Serge de Diaghilev présente pour la première fois à Paris ses Ballets Russes. Ils s'établissent à Monte-Carlo qui devient leur atelier créatif pendant deux décennies. Depuis la Principauté, Diaghilev réforment le ballet de son temps dans toutes ses formes. À sa mort en 1929, la compagnie est dissoute. Plusieurs personnalités et chorégraphes la font renaître sous diverses appellations mais elle disparaît définitivement en 1951.

LA NAISSANCE DE L'ACTUELLE COMPAGNIE DES BALLETS DE MONTE-CARLO

En 1985, la compagnie des Ballets de Monte-Carlo voit le jour grâce à la volonté de S.A.R. la Princesse de Hanovre qui souhaite s'inscrire dans cette tradition de la danse à Monaco. La nouvelle compagnie est dirigée par Ghislaine Thesmar et Pierre Lacotte, puis par Jean-Yves Esquerre.

L'ESSOR DE LA COMPAGNIE

En 1993, S.A.R. la Princesse de Hanovre nomme à la tête des Ballets de Monte-Carlo, Jean-Christophe Maillot. Fort d'une expérience de danseur acquise chez Rosella Hightower et John Neumeier, et chorégraphe-directeur du Centre Chorégraphique National de Tours, Jean-Christophe Maillot fait prendre un tournant à la compagnie. Il crée pour elle plus de 30 ballets dont plusieurs entreront au répertoire de grandes compagnies internationales. Les Ballets de Monte-Carlo sont désormais sollicités dans le monde entier grâce aux œuvres emblématiques de Jean-Christophe Maillot telles que Vers un pays sage (1995), Roméo et Juliette (1996), Cendrillon (1999) La Belle (2001), Le Songe (2005), Altro Canto (2006), Faust (2007) et LAC (2011).

Par ailleurs Jean-Christophe Maillot enrichit également le répertoire de la compagnie en invitant des chorégraphes majeurs de notre époque mais aussi en permettant à des chorégraphes émergeants de travailler avec cet outil exceptionnel que sont les 50 danseurs des Ballets de Monte-Carlo. Parmi ces chorégraphes invités figurent notamment Sidi Larbi Cherkaoui, Shen Wei, Alonzo King, Emio Greco, Chris Haring, Marco Goecke, Lucinda Childs, William Forsythe, Jiri Kylian, Karole Armitage, Maurice Béjart ou encore Marie Chouinard

En 2000, Jean-Christophe Maillot crée le Monaco Dance Forum, vitrine internationale de la danse qui présente un foisonnement éclectique de spectacles, d'expositions, d'ateliers et de conférences. La compagnie participe régulièrement à ce festival ainsi que l'Académie de Danse Princesse Grâce.

L'AVENIR DES BALLETS DE MONTE-CARLO

En 2011, sous la Présidence de S.A.R. La Princesse de Hanovre, une nouvelle structure dirigée par Jean-Christophe Maillot réunit ces trois institutions : Les Ballets de Monte-Carlo concentrent à présent l'excellence d'une compagnie internationale, les atouts d'un festival multiforme et le potentiel d'une école de haut niveau. Création, formation et diffusion sont à présent réunies à Monaco pour se mettre au service de l'art chorégraphique d'une manière inédite dans le monde de la danse.

Mise à jour Juin 2012