Agon

1993
Année de création : 1957
Déposée par : Numeridanse.tv

Ce ballet sans argument consiste en une succession de danses pour différentes formations allant du solo au quadruple trio et et dont le temps fort est un pas de deux.

 
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Agon

Chorégraphie George Balanchine
Musique Igor Stravinski

Ballet créé le 1er décembre 1957 au City Center de New-York, par le New-York City Ballet.

Du projet originel, imaginé par Balanchine et Stravinski, de compléter par un troisième volet leurs deux ballets « grecs » Apollon musagète (1927) et Orpheus (1948), il ne reste que le titre Agon (qui signifie « combat » en grec) et l'idée d'une compétition dansée.

Utilisant une écriture sérielle, Stravinski compose une suite d'airs sur le modèle des danses de cour françaises du XVIIe siècle (dont il reprend en partie les noms : sarabande, gaillarde, branle). Réglé pour huit danseuses et quatre danseurs, ce ballet sans argument consiste en une succession de danses pour différentes formations allant du solo au quadruple trio et et dont le temps fort est un pas de deux.

D'une subtile musicalité, la chorégraphie conjugue réminiscences de pas de danses anciennes et gestuelles classique épurée, acrobatique, d'une facture balanchienne caractéristique (chevilles et poignets cassés, tours sur genou plié, mouvements saillants du bassin, etc.). Dansée sur un plateau nu, en simples maillots et collants, cette pièce maîtresse du répertoire du XXe siècle offre une parfaite synthèse de l'art de Balanchine.

Source : Dictionnaire de la danse – Philippe Le Moal – éd. Larousse Mise à jour : février 2013

Balanchine, George

(1904-1983)

Danseur et chorégraphe américain d'origine russe.

Né à Saint-Pétersbourg, fils d'un compositeur géorgien, Balanchine entre par hasard à l'École de danse du Mariinski dont il sort diplômé en 1921. En 1924, profitant d'une tournée des Danseurs de l'État soviétique en Allemagne, il quitte son pays et est engagé comme danseur dans la troupe des Ballets Russes de Diaghilev. Promu maître de ballet en 1925, il y affirme sa vocation de chorégraphe et débute son étroite collaboration avec Igor Stravinski. À la mort de Diaghilev, en 1929, il travaille sporadiquement à Londres (pour le music-hall), Copenhague et Paris. Il collabore avec les Ballets russes de Monte-Carlo (1931-1932), puis, grâce au mécène britannique Edward James, il forme les Ballets 1933, avec lesquels il donne quelques représentations à Paris et à Londres. Acceptant la proposition de L. Kirstein de développer une école classique aux États-Unis, il se fixe à New York en août 1933 et devient citoyen américain en 1939. Après avoir fondé la School of American Ballet (1934), il dirige l'American Ballet. Il est invité à faire des créations pour l'Original Ballet russe (1941), l'American Ballet Caravan (1941), le Ballet russe de Monte-Carlo et l'Opéra de Paris. De 1935 à 1951, il chorégraphie aussi pour les scènes de Broadway (« On Your Toes », 1936 ; « Babes in Arms », 1937 ; « Cabin in the Sky », 1940 ; « Where's Charley ? », 1948) et pour quelques films à Hollywood avec V. Zorina. Mais c'est surtout à la tête du Ballet Society puis, à partir de 1948, du NYCB qu'il mène sa féconde et prestigieuse carrière.

Sa danse

Balanchine accorde la priorité à l'élément dansé. Très tôt, il s'écarte délibérément de la narration dramatique et, s'il signe quelques ballets à thème (« Apollon Musagète », 1927 ; « le Fils prodigue », 1929 ; « la Somnambule », 1946 ; « Orpheus », 1948, « Casse-Noisette », 1954), c'est en éliminant toute pantomime, cherchant à relater l'histoire avec clarté et par le seul truchement de la danse. Il règle aussi des " ballets d'ambiance ", sans intrigue proprement dite, tout en conservant les situations ou les personnages que la partition suggère (« Cotillon », 1932 ; « Serenade », 1934 ; « la Valse », 1951 ; « Liebeslieder Walzer », 1960 ; « Tzigane »,1975).
La musique et son interprétation sont la clef de voûte de son travail. Pour lui, " le ballet est avant tout une affaire de tempo et d'espace : l'espace délimité par la scène, le temps fourni par la musique ". Ses réalisations les plus spécifiques sont des ballets sans thème dont la construction et la forme découlent de la source musicale. Sans l'illustrer, il donne à voir une partition, composée ou non pour la danse, en s'appuyant sur la structure rythmique, la mélodie et le développement harmonique de la pièce choisie : " Voyez la musique et écoutez la danse ", recommande-t-il. Préférant souvent des œuvres de facture classique, il recourt aussi à un registre plus moderne  et parfois populaire ou jazz. Cependant, ses compositeurs favoris sont Tchaïkovski et surtout Stravinski, avec lequel il crée plus de trente ballets.

Privilégiant le dépouillement scénographique afin que le regard puisse se concentrer sur la chorégraphie, il opte le plus souvent pour un plateau nu et des costumes qui dégagent la silhouette, imposant parfois simples tuniques et maillots académiques.

Considérant Petipa comme son père spirituel, il s'inscrit dans la tradition classique et se réfère aux pas d'école pour les outrepasser. Il développe un style caractérisé par un en-dehors poussé à l'extrême, des mouvements dynamiques, précis et vigoureux, des positions hanchées, des combinaisons de pas complexes, voire acrobatiques, une rapidité d'exécution en accord avec les tempi des pièces musicales qui l'inspirent. Il prône une beauté formelle tendant vers l'épurement, une virtuosité technique transcendée par la maîtrise des interprètes et accorde la prééminence à la danseuse. Nombreuses sont ses " muses ", ballerines aux longues jambes fuselées et aux formes discrètes, qu'il fait souvent débuter très jeunes.

Salué comme l'un des plus grands chorégraphes du XXe siècle, il contribue à l'" américanisation " du ballet, jouant également un rôle important dans l'évolution de la comédie musicale, où il introduit la danse classique et, paradoxalement, les principes du ballet narratif.

Source : Dictionnaire de la danse – Philippe Le Moal – ed. Larousse

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