Out of boundaries

2004
Année de création : 1965
Déposée par : Numeridanse.tv

Ce film rend compte, à partir de conversations filmées, et surtout de nombreux extraits de répétitions, de performances et d'archives rares, des ruptures fondamentales apportées par Anna Halprin dans le champ de la danse.

 
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Out of boundaries

Production et réalisation Jacqueline Caux

Ce film rend compte, à partir de conversations filmées, et surtout de nombreux extraits de répétitions, de performances et d'archives rares, des ruptures fondamentales apportées par Anna Halprin dans le champ de la danse.

Ce film a pour bande son des musiques de Pauline Oliveros et de Terry Riley qui ont tous les deux, à différentes époques, collaboré avec elle.

C'est en Californie qu'est née, dans la seconde moitié des années cinquante, bien avant d'essaimer à New York, cette forme d'expression artistique si particulière à laquelle on donnera plus tard le nom de performance. Tous ceux qui ont participé à l'éclosion de ce mouvement savent qu'Anna Halprin en est une importante initiatrice. Née en 1920, c'est elle qui a littéralement fait exploser toutes les conventions qui subsistaient dans la danse contemporaine en appuyant ses recherches sur les gestes du quotidien, et en prenant en compte l'anatomie de l'homme aussi bien que ses désirs inconscients et ses pulsions sexuelles. Elle introduit dès 1957 la notion de « tâche » (des actions à accomplir telles que s'habiller, se dévêtir, se déplacer en portant un objet très lourd etc.). Chaussée de baskets ou de chaussures à talons hauts, elle improvise dans des parkings, sur des chantiers, dans la rue.

Sur le plateau de danse en plein air que lui a construit son mari architecte Lawrence Halprin, en contrebas de leur maison, près de San Francisco, elle entraîne dans ses folles aventures - en galvanisant jusqu'à l'extrême leur propre créativité - de jeunes artistes de différents domaines encore parfaitement inconnus. Des danseuses telles que Simone Forti, Yvonne Rainer, Trisha Brown, Meredith Monk, aussi bien que Robert Morris (avant qu'il ne choisisse la sculpture), lesquels introduiront ensuite à New York les innovations radicales d'Anna Halprin en formant le noyau dur du « Judson Dance Theater ». Des compositeurs, tels que La Monte Young et Terry Riley, qu'elle nomme dès 1959 co-directeurs musicaux et qui expérimentent chez elle la musique minimaliste et répétitive qu'ils sont en train d'inventer. Mais aussi un plasticien tel que Charles Ross, un poète tel que James Broughton, un cinéaste tel que Stan Brakhage…

Une étape importante qui, tout en la conduisant à prendre plus que jamais en compte le réel dans son travail, tiendra Anna Halprin éloignée des projecteurs médiatiques de la ville de New York : avec tous les moyens artistiques dont elle dispose, ce sera sa lutte contre le cancer dont elle est atteinte en 1972 avec une récidive en 1975. Guérie, c'est alors qu'elle commence à travailler avec des malades atteints du cancer, et plus tard du sida. « Je ne suis pas une thérapeute », tient-elle à préciser, « je suis une artiste qui cherche à développer des issues sociales et personnelles imaginatives. Pour moi, l'art c'est cela : ramener au sein d'un processus créatif les choses qui nous sont imposées ».

L'environnement californien aura renforcé l'inspiration d'Anna Halprin et lui aura permis de célébrer, loin de toute virtuosité démonstrative, la beauté du mouvement naturel du corps humain. Ce qui, conjugué avec sa longue fréquentation de la maladie et de la mort, la conduira à ses plus récentes improvisations dans la nature telles que « Returning Home » et « Season » en 2003, ou « Rocking Seniors » en octobre 2005.
Jacqueline Caux

Générique

Production et Réalisation Jacqueline Caux
Image Andy Abrahams Wilson et Marguerite Etermand
Extraits d'archives Vidéos et Photos Anna Halprin, « Princess Spring Time » (1957), « The Bed » (1957), « Merce Cunningham on Anna Halprin dance deck », « Anna Halprin on dance deck », « Hangar » (1957),« Procession » (1964), « Parades and Changes » (1965 - 2000),« The Bust » (1969),
« Dancing My Cancer » (1975),« Intensive Care » (2000), « Be With » (2001)
Photos Cinémathèque de la Danse à Paris
Son Pascal Humbert Montage Dora Soltani Musique Pauline Oliveros « The Roots of The Moment », Terry Riley « Birds of Paradise »
Post production Centre national d'art et de culture, Georges Pompidou
Service vidéo danse Michèle Bargues
Chargée de production Murielle Dos Santos
Etalonnage Didier Coudraie
Mixage Nicolas Joly
Banc-titre Yann Bellet
Conformation Christian Bahier
Traduction TV 5 mise à jour : février 2013

Halprin, Anna

Née en 1920, Anna Halprin a profondément influencé et renouvelé la danse, la musique et les arts plastiques de ces quarante dernières années. Au début des années 50, alors chorégraphe et soliste chez Doris Humphrey, elle quitte New York pour s'installer sur la côte ouest des Etats-Unis, et débute l'une des aventures artistiques les plus radicales et les plus fécondes du XXè siècle, dont les effets continuent d'irriguer de nombreux champs artistiques. Dans ses ateliers d'été se rencontrent des artistes tels qu'Yvonne Rainer, Trisha Brown, Simone Forti, Robert Morris... qui vont pratiquer notamment les célèbres « tâches », concept novateur qui fait entrer les gestes du quotidien dans le champ de la danse et qui influencera de façon déterminante la danse post-moderne américaine. Nourrie par les approches de Moshe Feldenkraïs et du Gestalt-thérapeute Fritz Perls, par les théories du Bauhaus, par la philosophie humaniste et pragmatique de John Dewey, Anna Halprin n'a de cesse d'explorer, de développer et d'encourager le processus même de création, notamment collective. Elle se livre à une remise en cause incessante des modes de penser et d'agir, des normes et des frontières esthétiques et politiques en s'appuyant sur l'usage des « scores » (partitions), la création collective, l'improvisation et les expérimentations en milieu naturel, l'implication dans les mouvements de contestation des années 60, et le travail au long cours avec des gens malades du sida ou du cancer. Créatrice en 1955 du San Francisco Dancers' Workshop, Anna Halprin initie des collaborations fructueuses avec des artistes de toutes disciplines : de nombreux danseurs et chorégraphes, bien sûr, mais également avec Lawrence Halprin (son mari architecte et « landartist »), avec des musiciens et compositeurs (La Monte Young, Terry Riley, Luciano Berio...), avec des poètes (James Broughton...), ainsi que des peintres et des sculpteurs... Elle crée de nombreuses pièces dont Birds of America (1960), Four-Legged-Stool (1962), Apartment 6 (1965), Myths (1967-68), Ceremony of Us (1969)... A partir de 1971, sa confrontation avec le cancer l'amène à modifier radicalement son rapport à l'art, et à consacrer celui-ci à la vie, en mettant ses processus créatifs au service de gens atteints de maladies graves. Ainsi vont naître Circle the Earth (1986-1991), The Planetary Dance (1987), Carry me Home (1990), Intensive Care (2000)...

En 2012, le documentaire Anna Halprin, le souffle de la danse, réalisé par Ruedi Gerber sort en salle. Il s'agit du premier film qui porte sur la carrière de la chorégraphe.

Aujourd'hui à 93 ans, elle continue à danser, créer et enseigner. Une de ses dernières pièces, Seniors Rocking, met en jeu 50 personnes âgées de plus de 80 ans.

Sources : Dossier de presse Biennale de la Danse

En savoir plus

http://www.annahalprin.org/

Dernière mise à jour : janvier 2014

Caux, Jacqueline

JACQUELINE CAUX

Jacqueline Caux a participé à l'organisation de plusieurs festivals de musiques d'aujourd'hui, réalisé des courts-métrages expérimentaux ainsi que des films musicaux projetés et primés dans de nombreux festivals internationaux.

Cinéaste et Ecrivain, elle a publié des livres d'entretiens avec des artistes atypiques de la seconde moitié du vingtième siècle. Elle a participé à l'organisation de plusieurs festivals de musiques d'aujourd'hui, réalisé des émissions de recherche pour France Culture, des petits théâtres intimes sous forme de boîtes, des courts métrages expérimentaux et des films musicaux, qui ont été projetés dans de nombreux Festivals Internationaux et dans des Musées.

2010 : Réalisation du film « Contes de Symphonie Déchirée » - 54' - d'après l'œuvre musicale de Luc Ferrari.

2009 : Réalisation du film « Les couleurs du prisme, la mécanique du temps - de John Cage à la techno » 96', projeté à Beaubourg dans le cadre du Festival d'Automne à Paris. Suivi d'un concert de Gavin Bryars. Puis au Festival d'Automne en Normandie à Rouen, suivi d'un concert de Philip Glass.

2008 : Réalisation de la captation de la « Symphonie Déchirée », musique de Luc Ferrari interprétée par Ars Nova.

2006 : Réalisation du film « The Cycles of The Mental Machine » 57' - projeté à Beaubourg pour l'ouverture du Festival d'Automne à Paris, suivi d'un concert de Carl Craig et Mad Mike Banks.

2006 : Réalisation du film « Who says I have to dance in a theater… » projeté dans le cadre de l'exposition « A L'origine de la performance ».

2006 : Commissaire de l'exposition « A L'origine de la Performance » au Musée d'Art Contemporain de Lyon.

2006 : Parution du Livre « Anna Halprin – à l'origine de la performance » aux editions du Panama.

2005 : Réalisation du film « Presque rien avec Luc Ferrari » (50').

2004 : Réalisation du film « Out of Boundaries » (53').

2004 : Conseillère artistique du Festival d'Automne à Paris, pour la programmation relative à Anna Halprin.

2004 : Réalisation de deux courts métrages : « Attempting » et « Passages 2 ».

2003 : Sortie du livre « Tissée, tendue au fil des jours la toile de Louise Bourgeois », accompagné d'un CD d'entretiens aux Editions du Seuil.

2002 : Parution du livre d'entretiens « Presque Rien avec Luc Ferrari » aux Editons « Main d'œuvre » de Jane Otmezguine.

2002 : Réalisation de quatre courts métrages :« Désert Solitaire », « Tumbling Down », « Stumbling Down », « Passages 1 ».

2001 : Réalisation du film « La Monte Young – Marian Zazeela ».

2001 : Réalisation du court métrage « Detroit et la Musique Techno »

2000 : Réalisation d'un film sonore « Surpris par la nuit » sur la musique techno de Detroit pour France Culture.

2000 : Réalisation d'un « film sonore » pour France Culture autour du prix Nobel de Littérature « Naguib Mafouz » rencontré au Caire, et des écrivains égyptiens Sonnalah Ibrahim, Gamal Ghittany, Mohammed El Bisatie.

1999 et 2000 : Assistante du Commissaire pour la musique de l'exposition « La Beauté ». Célébration de l'An 2000 ( 27 Mai – 1 Octobre 2000 ).

1998 : Réalisation d'un film sonore « Dans quelques plis de la mémoire », autour du musicien Luc Ferrari pour l'A.C. R. de France Culture.

1997 : Réalisation d'un film sonore « Radio Foreman » : un portrait du metteur en scène Richard Foreman

1997 : Réalisation d'un film sonore « Full of Live in Death Valley », journal de voyage dans le “Mojave désert” pour l' Atelier de Création Radiophonique de France Culture.

1997 à 2006 : Collabore à la revue Art Press et la revue « Musica Falsa ».

1996 : Réalisation d'un « film sonore », « Tissée , tendue, au fil des jours la toile de Louise » pour l'A.C. R. de France Culture.

1996 : Réalisation d'un « film sonore » « Full of Live in Death Valley », journal de voyage dans le “Mojave désert” pour l' A.C. R. de France Culture.

1994 et 1995 : Assistante pour la musique au festival « América » de Lille.

1986 à 1989 : Assistante cycles « Autres Musiques » au Théâtre de la ville.

1984 et 1985 : Assistante pour les « Concerts de Musiques Arabes » au théâtre Nanterre – Amandiers.

En savoir plus

www.jacquelinecaux.com mise à jour : février 2013