Dix anges, portraits

1988
Déposée par : Montpellier Danse

Ces miniatures, extraites du spectacle et réécrites pour l’image, respectent le temps étiré de la pièce originale composée comme un crépuscule.

 
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Dix anges, portraits

Chorégraphie : Dominique Bagouet

Dix brefs portraits dansés des interprètes du Saut de l'ange de Dominique Bagouet et Christian Boltanski, créé au festival Montpellier Danse en 1987. Une place de village, une lumière dorée qui décline et d'étranges habitants qui, jusqu'à la nuit tombée, accrochent quelques gestes ciselés dans l'air immobile. Tous se retrouvent à la fin de chaque séquence pour un galop dru et sonore.

Ces miniatures, extraites du spectacle et réécrites pour l'image, respectent le temps étiré de la pièce originale composée comme un crépuscule. La prise de vue sobre et le parti pris linéaire font la part belle à chaque personnage, permettant de comprendre l'importance que Bagouet accordait à la personnalité de chacun des danseurs. Les guirlandes d'ampoules et les costumes subtilement démodés du plasticien Christian Boltanski dégagent une poésie mélancolique à l'unisson de l'écriture chorégraphique et des textes off, écrits par les interprètes. Une esthétique volontairement désuète, filmée avec calme et sentiment.

Sources : Patrick Bossati in "Images de la culture n° 19" – janvier 2005

Générique

Chorégraphie : Dominique Bagouet

Durée : 32'

Interprètes : Jean-Pierre Alvarez, Christian Bourigault, Claire Chancé, Sarah Charrier, Bernard Glandier, Catherine Legrand, Orazio Massaro, Dominique Noel, Sonia Onckelinx, Michèle Rust.

Musique : Ludwig van Beethoven et Pascal Dusapin

Scénographie : Christian Boltanski

Lumières : Laurent Matignon

Costumes : Dominique Fabrègue et Christian Boltanski

Réalisation : Dominique Bagouet et Charles Picq

Assistant : Laurent Gachet

Production : Paris Occitanie, Compagnie Bagouet-CCNMLR, La Sept, Maison de la Culture de La Rochelle.

Participation : Ministère de la Culture et de la Communication, Ville de Montpellier, CNC, Conseil régional Languedoc Roussillon.

Fiction réalisée en août 1988 à partir de l'œuvre chorégraphique « Le Saut de l'ange »

Dernière mise à jour : décembre 2012

Bagouet, Dominique

Angoulême, 9 juillet 1951 - Montpellier, 9 décembre 1992

Elève de Rosella Hightower à Cannes dès 1965, il reçoit un enseignement classique et trouve son premier engagement chez Alfonso Cata au Ballet du Grand Théâtre de Genève en 1969. L'année suivante, il danse dans la compagnie de Félix Blaska puis entre aux Ballets du XXème siècle de Béjart à Bruxelles. L'expérience dure deux ans et se prolonge dans le groupe Chandra (où travaillait aussi Maguy Marin).

De retour à Paris en 1974, Dominique Bagouet prend des cours avec Carolyn Carlson et Peter Goss. Il danse aussi dans les compagnies de Joseph Russillo, Anne Béranger et Peter Goss. Il part quelques mois aux Etats-Unis où il découvre les techniques issues des écoles américaines, entre autres avec Jennifer Muller et Lar Lubovitch.

En 1976, à son retour en France, il présente sa première chorégraphie : « Chansons de nuit » au Concours de Bagnolet et remporte le premier prix avec mention « recherche ». Il fonde alors sa propre compagnie. Pour la faire vivre, il va enchaîner les créations à un rythme très soutenu qu'il déplore. Jusqu'en 1979, il crée quatorze pièces, parfois dans l'urgence et pas toujours de façon satisfaisante.

Avec « Sous la blafarde », le jeune chorégraphe commence à s'imposer et trouve un havre : la ville de Montpellier qui accueille la compagnie et lui donne les moyens d'exister puisqu'il est invité à mettre sur pied et à diriger le Centre chorégraphique régional de Montpellier. Il créera d'ailleurs dans cette ville le Festival International Montpellier Danse qu'il dirigera jusqu'en 1982.

Dominique Bagouet va alors créer certaines des pièces les plus marquantes de la chorégraphie contemporaine française, d' « Insaisies »(1982) jusqu'à « Necesito, pièce pour Grenade » (1991), ultime commande réalisée pour célébrer le 500ème anniversaire de la ville espagnole.

Avec des pièces comme « Déserts d'amour » (1984), « Le Crawl de Lucien » (1985) ou « Assaï » (1986), Dominique Bagouet impose clairement sa personnalité et son style. Il compose le mouvement de très nombreux petits gestes (jeux des pieds et des mains, inclinaison particulière du torse...) sans aucun maniérisme et d'une redoutable précision.

Autre constante, le chorégraphe a toujours su s'entourer d'artistes au talent reconnu. Il y eut Tristan Murail pour«Déserts d'amour », Pascal Dusapin pour « Assaï », Christian Boltanski pour « Le Saut de l'ange » (1987), ou l'actrice Nelly Borgeaud pour le superbe « Meublé sommairement » (1989), adaptation chorégraphique d'un roman d'Emmanuel Bove.

Avec Charles Picq, il a réalisé deux films : « Tant mieux, tant mieux ! » (1983) et « Dix anges, portraits » (1988) d'après « Le Saut de l'ange ».

S'il y avait un style Bagouet, il résiderait également dans cette curiosité qui a marqué toute une génération.

En 1993, les danseurs de sa compagnie fondent Les Carnets Bagouet afin de préserver et transmettre le patrimoine artistique du chorégraphe. Ils proposent le répertoire à d'autres compagnies et de nombreuses écoles.

Sources : Philippe Verrièle - Extrait de « 99 biographies pour comprendre la jeune danse française », Les Saisons de la danse-hors série été 97.

En savoir plus : www.lescarnetsbagouet.org

Dernière mise à jour : octobre 2014

Boltanski, Christian

Christian Boltanski

 

Né à Paris, en 1944, Christian Boltanski, qui n'a suivi aucun enseignement artistique, se plaît à revendiquer son parcours d'autodidacte. Son œuvre expérimentale, associant les moyens d'expressions les plus variés (photographie, installation, vidéo, cinéma, marionnettes…), puise son inspiration dans des thématiques universelles, à savoir le poids de l'histoire, la mémoire, l'inconscient collectif et individuel, l'enfance et l'obsession de la mort.

Jusqu'en 1967, l'artiste présente des " Peintures d'histoire et d'événements dramatiques ". Puis, c'est au mois de mai 1968, que se tient sa première exposition personnelle, intitulée « La vie impossible de Christian Boltanski », dans le cinéma le Ranelagh, à Paris.
Entre 1969 et 1971, ses premières œuvres, se voulant autobiographiques, se concrétisent par des " Reconstitutions " kaléidoscopiques de son enfance, des " Albums de familles ", des histoires imaginaires, des enregistrements de chansons, et la publication de livres (" Recherche et présentation de tout de qui reste de mon enfance, 1944-1950 " ou " La reconstitution d'un accident qui ne m'est pas encore arrivé et où j'ai trouvé la mort ", 1969). Il réalise également des installations, ses Inventaires, dont les objets retracent la vie d'anonymes.
A partir de 1975, il crée les " Images modèles ", puis s'adonnant en 1985 aux plaisirs de l'illusion, met en scène le " Théâtre d'ombres ", où s'animent des silhouettes de pantins. Dès 1986, suivant une démarche de fétichiste et d'ethnologue, il entame la série des " Ombres et Monuments ", des " Reliquaires " et des " Réserves ". Avec ces empilements de boîtes de biscuits en fer blanc, ces murs de photos en noir et blanc éclairées par la lumière blafarde de petites ampoules et placardées en souvenir des victimes de l'Holocauste, ces mémoriaux rappellent aux vivants, les oubliés.

Par ailleurs, l'année 1987 est dominée par la rencontre retentissante du plasticien avec la scène de la danse. En parfait néophyte et désireux de questionner les rapports sujet/objet, Boltanski accepte par défi de collaborer avec le chorégraphe Dominique Bagouet, pour lequel il réalise la scénographie du spectacle " Le saut de l'ange ", donné dans la cour Jacques Cœur à Montpellier.

L'importance de l'énumération et de l'archivage, puis l'obsession de la liste (ex : " Liste des Suisses morts dans le Canton du Valais en 1991, 1993 ") dont témoignent les œuvres qu'il réalise dans les années 1990, sont là pour rappeler que dans la masse, c'est toujours l'individu qui compte. Comme en 1998, lors de son exposition au Musée d'Art Moderne de la Ville de Paris, où il expose sous l'intitulé « Menschlich » (humain) une installation murale faite de centaines de photos d'anonymes « dont on ne savait rien, tous uniques et sans mémoire, sans identité, pas remplaçables et remplacés ». Ces années sont marquées aussi par un fort investissement dans le domaine du spectacle, qui prolonge et enrichit le travail plastique. Il réalise ainsi, en collaboration avec Jean Kalman et Frank Krawczyk, de nombreuses œuvres-spectacles, installations éphémères et animées qui mêlent à des éléments habituels de son vocabulaire l'intervention d'acteurs, de sons et d'effets lumineux, dans des lieux souvent insolites.

Parallèlement à ces spectacles, ses expositions deviennent de plus en plus narratives et scénographiées, formant ainsi une œuvre globale, articulée autour de thèmes particuliers : le temps, la mémoire, l'être humain, la mort. Son travail devient ainsi universel par le détour du particulier et il envisage même, pour l'an 2000, de nommer tous les habitants de la Terre : un projet utopique, qu'il doit abandonner mais dont l'esprit nourrira les œuvres à venir. Il va désormais privilégier des projets au contenu humaniste qui relèvent du registre de la fable, allant jusqu'à former de véritable légendes. Il développe ainsi le projet de constituer une archive de tous les cœurs du monde, pour lequel il collecte, au fil des expositions le son de dizaines de milliers de battements de cœurs de dizaines de milliers d'individus, qu'il enregistre, étiquette, archive, et qui forment, depuis 2005, les " Archives du cœur " qui seront installées de façon pérenne sur l'île de Teshima, proche de l'ile de Naoshima dans une mer intérieure du Japon, en 2010. Dans le même esprit de ces œuvres « paraboles  et utopiques », Christian Boltanski a « vendu sa vie » (l'enregistrement vidéo en continu de ses faits et gestes dans sonatelier) en viager à un collectionneur, pour réaliser une installation permanente en Tasmanie. C'est ce qu'il appelle « sa partie contre le diable ».

Sources : www.lescarnetsbagouet.org

 

Picq, Charles

Auteur, réalisateur et vidéaste, Charles Picq entre dans la vie professionnelle dans les années 70 par le théâtre et la photographie. Après une reprise  d'études (Maîtrise de Linguistique - Lyon II, Maîtrise des Sciences et Techniques de la Communication - Grenoble III), il se consacre à la vidéo, d'abord dans le champ des arts plastiques à l'Espace Lyonnais d'Art Contemporain (ELAC) et avec le  groupe "Frigo", puis dans celui de la danse.

Dès la création de la Maison de la Danse à Lyon en 1980, il est sollicité pour y entreprendre un travail de documentation vidéo qu'il poursuit toujours depuis. Durant les années 80, marquées en France par l'explosion de la danse  contemporaine et le développement de l'image vidéo, il fait de nombreuses rencontres avec des artistes tels qu'Andy Degroat, Dominique Bagouet, Carolyn Carlson, Régine Chopinot, Susanne Linke, Joëlle Bouvier et Régis Obadia, Michel Kelemenis. Son activité se déploie dans le champ de la création avec des installations et des vidéos en scène, ainsi que dans celui de la télévision avec des spectacles filmés, des recréations et des documentaires. Avec Dominique Bagouet (80-90), la rencontre est particulière. Il documente sa création, l'assiste sur " Le Crawl de Lucien" et co-réalise avec lui les films "Tant Mieux, Tant Mieux" et "10 anges". Dans les années 90, il devient le directeur du développement vidéo de la Maison de la danse et oeuvre, avec le soutien de Guy Darmet et son équipe, pour une place grandissante de l'image vidéo au sein du théâtre à travers plusieurs initiatives:
• Il fonde une vidéothèque de films de danse, d'accès public et gratuit. C'est une première en France. Poursuivant la documentation vidéo des spectacles, il en organise la gestion et la conservation.
•  Il impulse la création d'un vidéo-bar et d'une salle de projection vidéo dédiée à l'accueil scolaire.
•  Il initie les "présentations de saisons" en image.
•  Il conçoit l'édition du DVD "Le tour du monde en 80 danses", une vidéothèque de poche produite par la Maison de la Danse pour le secteur éducatif.

Plus récemment, il lance la collection « Scènes d'écran » pour la télévision et le web,  il entreprend la conversion numérique de la vidéothèque et crée le site « numeridanse.tv », vidéothèque internationale de danse en ligne.
Ses principaux documentaires sont : "Enchaînement", "Planète Bagouet", "Montpellier le Saut de l'Ange", "Carolyn Carlson, a woman of many faces", "Grand Ecart", "Mama Africa", "C'est pas facile", "Lyon, le pas de deux d'une ville", "Le Défilé", "Un Rêve de cirque".
Il a également réalisé des films de spectacle : "Song", "Vu d'Ici" (Carolyn Carlson),"Tant Mieux, Tant Mieux", "10 anges", "Necesito" et "So Schnell", (Dominique Bagouet), "Im bade wannen","Flut" et "Wandelung" ( Susanne Linke), "Le Cabaret Latin" (Karine Saporta), "La danse du temps"(Régine Chopinot), "Nuit Blanche"( Abou Lagraa), "Le Témoin" (Claude Brumachon), "Corps est Graphique" (Käfig), "Seule" et "WMD" (Françoise et Dominique Dupuy), " La Veillée des Abysses" (James Thiérrée), Agwa »(Mourad Merzouki), Fuenteovejuna (Antonio Gadès), Blue Lady revisted (Carolyn Carlson)…

Source : Maison de la Danse

En savoir plus

lescarnetsbagouet.org

Compagnie Bagouet

Compagnie Bagouet

Dominique Bagouet crée La Compagnie Dominique Bagouet en 1977, avec quelques amis danseurs, peu après avoir obtenu le 1er prix du Concours chorégraphique de Bagnolet avec sa première pièce « Chansons de nuit ». Les premières saisons sont difficiles, sans réel espace de travail à Paris, mais néanmoins avec quelques commandes de pièces courtes. La Compagnie Bagouet s'installe à Montpellier en 1979, à l'invitation de Georges Frêche, maire de cette ville, et devient Centre chorégraphique régional en 1980.

C'est en 1984 que Dominique Bagouet crée « Déserts d'amour », qui va faire connaître la compagnie au niveau international. Le travail de création se développe continuellement avec de nombreuses œuvres présentées chaque année au Festival International Montpellier Danse.

Dominique Bagouet laisse à plusieurs reprises son équipe du Centre chorégraphique (devenu national en 1984) aux mains de chorégraphes invités : Susan Buirge, Trisha Brown, mais aussi de ses propres danseurs pour y faire leurs débuts de chorégraphes : Michel Kelemenis, Bernard Glandier ou encore Olivia Grandville, Hélène Cathala et Fabrice Ramalingom.

En 1990, après 10 ans de présence à Montpellier, et un succès avéré auprès du public,  Dominique Bagouet réclame un meilleur outil de travail et envisage l'aménagement du Couvent des Ursulines pour développer plusieurs axes : création, répertoire, pédagogie et résidences d'artistes invités. Malheureusement la maladie l'emporte et ce projet ne verra le jour qu'après sa mort.

Les danseurs de sa dernière équipe décident de ne pas poursuivre la Compagnie Bagouet mais créent l'association Les Carnets Bagouet en 1993 pour accomplir la transmission de son œuvre.

Sources : www.lescarnetsbagouet.org

Dernière mise à jour : novembre 2012

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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Collection Bagouet

Collection Bagouet

Déposée par : Montpellier Danse

Dominique Bagouet a créé plus de 45 pièces en 15 ans. Certaines ont marqué le paysage chorégraphique entre 1980 et 1992, année de sa disparition. Charles Picq, très tôt sensible à cette danse, les a captées. Cette collection montre les œuvres les plus emblématiques et s’enrichira au fur et à mesure de films liés à la transmission de son répertoire grâce au travail mené par l’association Les Carnets Bagouet.

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