Shéhérazade

2009
Année de création : 2009

Cette vision de Schéhérazade que nous offre Jean-Christophe Maillot résonne davantage comme des retrouvailles entre le chorégraphe et les êtres, fictifs ou réels, qui nourrissent son univers artistique depuis trente années de carrière.

 
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Shéhérazade

Musique de Rimski-Korsakov
Chorégraphie de Jean-Christophe Maillot
En hommage à Michel Fokine
Décor et costumes de Jérôme Kaplan
Eléments de décors d'après Léon Bakst
Lumière de Dominique Drillot

Création le 26 décembre 2009 à Monte-Carlo par les Ballets de Monte-Carlo.

Durée 45'

Agrument : 

Le Sultan Shariar, voulant se convaincre de l'infidélité de sa favorite Zobéïde, dénoncée par son frère Zeman, feint de partir pour une grande chasse ; à peine est-il parti que les femmes du harem soudoient le Grand Eunuque pour laisser entrer les esclaves noirs, et organisent une orgie frénétique, menée par Zobeïde  et son favori ; le retour inopiné du sultan et de son frère interrompt brutalement l'orgie. Il s'ensuit un massacre général ordonné par Shariar ; voyant que son maître hésite à la châtier, Zobeïde se poignarde et meurt à ses pieds.

SCHÉHÉRAZADE

Jean-Christophe Maillot

Plus qu'un hommage aux Ballets Russes, cette vision de Schéhérazade que nous offre Jean-Christophe Maillot résonne davantage comme des retrouvailles entre le chorégraphe et les êtres, fictifs ou réels, qui nourrissent son univers artistique depuis trente années de carrière. Parmi tous les personnages qui peuplent les tiroirs de ses souvenirs, la belle Schéhérazade aura souvent dansé devant les yeux du chorégraphe mais le véritable tête-à-tête avec la princesse des Mille et une Nuit aura longtemps été différé.

En 1994, Schéhérazade croise une première fois le chemin de l'artiste peu après son arrivée aux Ballets de Monte-Carlo. Son second programme, dédié aux Ballets Russes, fait déjà intervenir l'épouse du terrible sultan Schahriar et Jean-Christophe Maillot contracte à cette occasion le virus des collaborations artistiques. Suite à ce premier Ballet, vécu aussi comme un merveilleux choc esthétique, plus aucun de ses spectacles ne se fera désormais sans la participation de quelques complices peintres, scénographes ou écrivains. Quinze ans plus tard, Jean-Christophe Maillot, plongé au cœur de la célébration nationale du Centenaire des Ballets Russes, s'offre enfin le plaisir de retrouver la princesse Schéhérazade pour un ballet aux senteurs d'Orient. Certes, les décors de Léon Bakst et la chorégraphie de Michel Fokine ne sont jamais bien loin, mais c'est surtout du côté de Rimski-Korsakov et sa musique symphonique entêtante qu'il faut chercher le véritable point d'ancrage de ce nouveau ballet.  Le compositeur ne souhaitant pas que Schéhérazade soit dansée, la compagnie des Ballets Russes avait attendu sa mort pour mettre la main sur sa partition et la chorégraphier, en l'amputant au passage de son troisième mouvement. Mais fasciné par les ondulations sans fin de cette musique qui roule et enfle au gré d'une houle imprévisible, Jean-Christophe Maillot a repris l'intégralité de la partition du compositeur russe et nous plonge dans une danse sensuelle et festive - un kaléidoscope d'images qui s'entremêlent langoureusement en une fresque envoûtante - une pièce hybride et étrange où l'original s'enchâsse dans la modernité pour accoucher d'un spectacle voluptueux et féérique. Souvenons-nous avec émoi que Rimski-Korsakov acheva sa partition en juillet 1888, quelques semaines après la naissance de sa fille, Marie, près du lac Tchermenetz, dans un décor et une euphorie indescriptibles. Peut-être est-ce là que se concentre l'essence de sa musique qui, refusant toute narration, toute image précise, propose « des motifs qui passent et se répandent dans toutes les parties du morceau, se faisant suite et s'entrelaçant ».

N'imaginant pas prendre la mer en solitaire pour donner vie à ce ballet, Jean-Christophe Maillot s'est autorisé un autre plaisir pour cette traversée au pays des Mille et une Nuits. Il s'est entouré de quelques équipiers devenus emblématiques de son travail et déjà à ses côtés en 1994 : Gaëtan Morlotti, Bernice Coppieters, Jérôme Kaplan et Dominique Drillot, qui savent incarner les rêves de Maillot sur un minimum de mots et d'indications. En compagnie de ces faiseurs de rêves, la magie peut commencer. Et Schéhérazade de nous emmener dans le grand tableau de ses contes merveilleux.

Mise à Jour Mai 2015

Maillot, Jean-Christophe

Rosella Hightower aimait dire de son élève Jean-Christophe Maillot que sa vie n’était qu’une union des opposés. De fait, chez l’actuel Chorégraphe Directeur des Ballets de Monte-Carlo la danse côtoie le théâtre, entre en piste sous un chapiteau, évolue au milieu des arts plastiques, se nourrit des partitions les plus diverses et explore différentes formes de littérature... Son répertoire puise dans le monde des arts au sens large et chaque ballet est un carnet de croquis qui alimente l’œuvre suivante. Jean-Christophe Maillot a ainsi créé en 30 ans un ensemble de soixante pièces, passant de grands ballets narratifs à des formes plus courtes, et dont les multiples connexions reflètent une œuvre qui s’inscrit dans la durée et la diversité. Ni classique, ni contemporain, pas même entre les deux, Jean-Christophe Maillot refuse d’appartenir à un style et conçoit la danse comme un dialogue où tradition sur pointes et avant-garde cessent de s’exclure. 

Né en 1960, Jean-Christophe Maillot étudie la danse et le piano au Conservatoire National de Région de Tours, puis rejoint l’École Internationale de Danse de Rosella Hightower à Cannes jusqu’à l’obtention du Prix de Lausanne en 1977. Il est alors engagé par John Neumeier au Ballet de Hambourg où il interprète pendant cinq ans, en qualité de soliste, des rôles de premier plan. Un accident met fin brutalement à sa carrière de danseur.

En 1983, il est nommé chorégraphe et directeur du Ballet du Grand Théâtre de Tours qui deviendra par la suite Centre Chorégraphique National. Il y crée une vingtaine de ballets et fonde en 1985 le Festival de danse « Le Chorégraphique ». En 1987, il crée pour les Ballets de Monte-Carlo Le Mandarin Merveilleux qui fait événement. Il devient conseiller artistique de la compagnie pour la saison 1992-1993, puis est nommé chorégraphe-directeur par S.A.R. la Princesse de Hanovre en septembre 1993.

Son arrivée à la direction des Ballets de Monte-Carlo fait prendre un nouvel essor à cette compagnie de 50 danseurs dont on reconnaît depuis 20 ans le niveau de maturité et d’excellence. Il y crée près de 30 ballets dont certains, tels que Vers un pays sage (1995), Roméo et Juliette (1996), Cendrillon (1999) La Belle (2001), Le Songe (2005), Altro Canto (2006), Faust (2007), LAC (2011) et CHORE (2013), Casse- Noisette Compagnie (2013),  font la réputation des Ballets de Monte-Carlo dans le monde entier. Plusieurs de ces œuvres sont inscrites désormais au répertoire de grandes compagnies internationales telles que les Grands Ballets Canadiens, le Royal Swedish Ballet, le Ballet National de Corée, le Stuttgart Ballet, le Royal Danish Ballet, le Ballet du Grand Théâtre de Genève, le Pacific Northwest Ballet, l’American Ballet Theatre, le Béjart Ballet Lausanne. En 2014, il crée La Mégère apprivoisée pour le Ballet du Théâtre Bolchoï.

Également sensible au travail des autres artistes, Jean-Christophe Maillot est connu pour son esprit d’ouverture et sa volonté d’inviter des chorégraphes au style différent à créer pour la Compagnie. En 2000, ce même désir de présenter l’art chorégraphique sous de multiples angles l’incite à créer le Monaco Dance Forum, une vitrine internationale de la danse qui présente un foisonnement éclectique de spectacles, d’expositions, d’ateliers et de conférences.

En 2007, il réalise sa première mise en scène d’opéra, Faust, pour le Théâtre National de la Hesse et en 2009, Norma pour l’Opéra de Monte-Carlo. En 2007, il réalise son premier film chorégraphique, Cendrillon puis Le Songe en 2008. En 2009, il élabore le contenu et coordonne le Centenaire des Ballets Russes à Monaco qui verra affluer pendant un an en principauté plus de 50 compagnies et chorégraphes pour 60 000 spectateurs. En 2011, la danse à Monaco vit une évolution majeure dans son histoire. Sous la Présidence de S.A.R. La Princesse de Hanovre, les Ballets de Monte-Carlo réunissent désormais au sein d’une même structure la compagnie des Ballets de Monte-Carlo, le Monaco Dance Forum et l’Académie Princesse Grace. Jean-Christophe Maillot est nommé à la tête de ce dispositif qui concentre à présent l’excellence d’une compagnie internationale, les atouts d’un festival multiforme et le potentiel d’une école de haut niveau.

Jean-Christophe Maillot est Commandeur dans l’Ordre du Mérite Culturel de la Principauté de Monaco, Chevalier de l’Ordre des Arts et Lettres et Chevalier de la Légion d’Honneur en France. Le 17 novembre 2005, il est nommé Chevalier dans l’Ordre  de Saint Charles par S.A.S. le Prince Albert II de Monaco. En 2008, il reçoit à Moscou le Prix Benois de la Danse du Meilleur Chorégraphe ainsi que le « Premio Dansa Valencia 2010 ».

Mise à jour Avril 2015

La compagnie des Ballets de Monte-Carlo

 

L'ANCRAGE DE LA DANSE À MONACO : LES BALLETS RUSSES

1909 marque le début d'une forte implantation de l'art chorégraphique à Monaco. Serge de Diaghilev présente pour la première fois à Paris ses Ballets Russes. Ils s'établissent à Monte-Carlo qui devient leur atelier créatif pendant deux décennies. Depuis la Principauté, Diaghilev réforment le ballet de son temps dans toutes ses formes. À sa mort en 1929, la compagnie est dissoute. Plusieurs personnalités et chorégraphes la font renaître sous diverses appellations mais elle disparaît définitivement en 1951.

LA NAISSANCE DE L'ACTUELLE COMPAGNIE DES BALLETS DE MONTE-CARLO

En 1985, la compagnie des Ballets de Monte-Carlo voit le jour grâce à la volonté de S.A.R. la Princesse de Hanovre qui souhaite s'inscrire dans cette tradition de la danse à Monaco. La nouvelle compagnie est dirigée par Ghislaine Thesmar et Pierre Lacotte, puis par Jean-Yves Esquerre.

L'ESSOR DE LA COMPAGNIE

En 1993, S.A.R. la Princesse de Hanovre nomme à la tête des Ballets de Monte-Carlo, Jean-Christophe Maillot. Fort d'une expérience de danseur acquise chez Rosella Hightower et John Neumeier, et chorégraphe-directeur du Centre Chorégraphique National de Tours, Jean-Christophe Maillot fait prendre un tournant à la compagnie. Il crée pour elle plus de 30 ballets dont plusieurs entreront au répertoire de grandes compagnies internationales. Les Ballets de Monte-Carlo sont désormais sollicités dans le monde entier grâce aux œuvres emblématiques de Jean-Christophe Maillot telles que Vers un pays sage (1995), Roméo et Juliette (1996), Cendrillon (1999) La Belle (2001), Le Songe (2005), Altro Canto (2006), Faust (2007) et LAC (2011).

Par ailleurs Jean-Christophe Maillot enrichit également le répertoire de la compagnie en invitant des chorégraphes majeurs de notre époque mais aussi en permettant à des chorégraphes émergeants de travailler avec cet outil exceptionnel que sont les 50 danseurs des Ballets de Monte-Carlo. Parmi ces chorégraphes invités figurent notamment Sidi Larbi Cherkaoui, Shen Wei, Alonzo King, Emio Greco, Chris Haring, Marco Goecke, Lucinda Childs, William Forsythe, Jiri Kylian, Karole Armitage, Maurice Béjart ou encore Marie Chouinard

En 2000, Jean-Christophe Maillot crée le Monaco Dance Forum, vitrine internationale de la danse qui présente un foisonnement éclectique de spectacles, d'expositions, d'ateliers et de conférences. La compagnie participe régulièrement à ce festival ainsi que l'Académie de Danse Princesse Grâce.

L'AVENIR DES BALLETS DE MONTE-CARLO

En 2011, sous la Présidence de S.A.R. La Princesse de Hanovre, une nouvelle structure dirigée par Jean-Christophe Maillot réunit ces trois institutions : Les Ballets de Monte-Carlo concentrent à présent l'excellence d'une compagnie internationale, les atouts d'un festival multiforme et le potentiel d'une école de haut niveau. Création, formation et diffusion sont à présent réunies à Monaco pour se mettre au service de l'art chorégraphique d'une manière inédite dans le monde de la danse.

Mise à jour Juin 2012