Mammame [Le desert d'Arkadine, acte1]

2010
Année de création : 1985

 
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Mammame

réalisation Charles Picq
chorégraphie Jean-Claude Gallotta
interprètes Eric Alfiéri, Mathilde Altaraz, Muriel Boulay, Christophe Delachaux, Corinne Duval-Metral, Pascal Gravat, Deborah Salmirs, Viviane Serry, Robert Seyfried 

Une garnison Mammame, dans le désert d'arkadine, le 20 juin d'une année bissextile, la danse s'ouvre sur la chute d'un homme. Malaise? Ratage? Repos du guerrier? Jeu d'amour? Nul ne le sait sauf le lutin Kröll et la sorcière Nizza qui, dans un sursaut de fin de repas, jeta un sort aux grands Mammames : ils n'auront plus de rêve ni de mémoire.
Afin de sauver les Mammames de l'oubli, je vous invite à les voir danser encore une fois l'entre-deux, l'inattendu et surtout la Cabascholle*.
* Comme je l'ai déjà écrit, la Cabascholle est sur le plan théorique une des façons de libérer la danse de la chorégraphie. C'est aussi en langage  mammame, la danse du courage, de l'espièglerie et de l'indétermination absolutiste.
Jean-Claude Gallotta

« Il serait vain de tenter de dire ce que « raconte » Mammame, puisque Jean-Claude Gallotta est parvenu à un superbe équilibre entre la tentation d'une narration trop explicite et un appel trop facile au non-sens. Gallotta opte pour un sens suspendu, qui rend familiers des gestes étranges et étranges des gestes familiers. Ainsi se dessine pour le spectateur, une zone de rêverie qui n'est rendue possible que par l'extrême précision de ce qui se passe sur scène : à cet égard, Jean-Claude Gallotta est devenu un mapitre de « l'accident contrôlé ». Impossible de conclure sans faire un sort à la place que Gallotta lui-même se donne sur le plateau : un peu en marge de ses danseurs et cependant très près d'eux, il ne les  « dirige » qu'en apparence, puisqu'au fil des répétitions, mouvements et enchaînements ont été travaillés au millimètre et au quart de seconde près. La présence du chorégraphe auprès de sa troupe semble pourtant indispensable - elle évoque celle de Tadeuz Kantor. Pour être moins inquiétante que celle du metteur en scène polonais, la présence de Jean-Claude Gallotta n'en est pas moins précieuse : une façon particulièrement élégante, drôle aussi, d'apposer une signature dans un coin du tableau, une façon généreuse, surtout, de dire aux danseurs : « Je suis avec vous ».
Alain Philippon

 

Générique
réalisation Charles Picq
chorégraphie Jean-Claude Gallotta
interprètes Eric Alfiéri, Mathilde Altaraz, Muriel Boulay, Christophe Delachaux, Corinne Duval-Metral, Pascal Gravat, Deborah Salmirs, Viviane Serry, Robert Seyfried 
musique Henry Torgue et Serge Houppin
décors et costumes Jean-Yves Langlais
lumières Manuel Bernard

durée : 70 '

dernière mise à jour octobre 2014

Gallotta, Jean-Claude

Après un séjour à New York à la fin des années 70 où il découvre l'univers de la post-modern Dance (Merce Cunningham, Yvonne Rainer, Lucinda Childs, Trisha Brown, Steve Paxton, Stuart Sherman...), Jean-Claude Gallotta fonde à Grenoble – avec Mathilde Altaraz – le Groupe Émile Dubois qui deviendra Centre chorégraphique national en 1984. Installé depuis ses débuts à la Maison de la culture (dont il sera le directeur de 1986 à 1989), il y crée plus de soixante chorégraphies présentées sur tous les continents, dont Ulysse, Mammame, Docteur Labus, Presque Don Quichotte, les Larmes de Marco Polo, 99 duos, Trois générations, Cher Ulysse...


Il a également chorégraphié plusieurs pièces pour le Ballet de l'Opéra de Lyon et pour le Ballet de l'Opéra de Paris. Invité par le metteur en scène Tadashi Suzuki à Shizuoka (Japon), il y a créé et fait travailler une compagnie japonaise de 1997 à 2000. Après l'Homme à tête de chou (à partir de l'album de Serge Gainsbourg dans une version d'Alain Bashung) en 2009, il crée en 2011 Daphnis é Chloé (Théâtre de la Ville) et le Sacre du printemps (Théâtre national de Chaillot) ; fin 2012, il présente Racheter la mort des gestes - Chroniques chorégraphiques 1 au Théâtre de la Ville, puis à la MC2 ; début 2013, la recréation d'Yvan Vaffan cherchant ainsi patiemment à partager avec le public un même récit, celui d'une histoire et d'un avenir artistique communs.

En octobre 2013, il co-signe le spectacle l'Histoire du soldat de Stravinsky et l'Amour sorcier de Manuel de Falla avec le chef d'orchestre Marc Minkowski et le metteur en scène Jacques Osinski. En 14-15, il présente le Sacre et ses révolutions à la Philharmonie de Parie et en juin, crée l'Étranger à partir du roman d'Albert Camus à la MC2 : Grenoble.

Il ouvre la saison 2015-2016 avec My Rock à la MC2 : Grenoble, puis au Théâtre du Rond-Point à Paris.

 

 

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Groupe Émile Dubois / Compagnie Jean-Claude Gallotta

Groupe Émile Dubois / Compagnie Jean-Claude Gallotta

Jean-Claude Gallotta est aujourd'hui à la tête de sa propre compagnie, le Groupe Émile Dubois, avec lequel il continue à travailler à l'extension du domaine de la danse : dialogue permanent entre création et répertoire, entre territoires de proximité et grandes scènes nationales et internationales. Quatre-vingt pièces en constituent le fonds, d'Ulysse, Daphnis é Chloé ou Mammame à l'Homme à tête de chou, Racheter la morts des gestes, l'Étranger ou My Rock.

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