Mammame

2010
Année de création : 1986

 
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Mammame

réalisation Raoul Ruiz
chorégraphie Jean-Claude Gallotta
interprètes Eric Alferi, Mathilde Altaraz, Muriel Boulay, Christophe Delachaux, Jean-Claude Gallotta, Pascal Gravat, Priscilla Newell, Viviane Serry, Robert Seyfried

En 1984, Raul Ruiz, invité en résidence à  la Maison de la culture de Grenoble, eut envie de filmer le  travail des "créateurs Maison", Georges Lavaudant pour le théâtre, Gérard Maimone pour la musique, et moi pour la danse. Curieusement, il s'avoua assez décontenancé devant cet objet scénique nouveau qu'était la danse contemporaine. Je me souviens qu'il se plongea alors dans les comédies musicales américaines. Je lui en avais parlé, il savait qu'elles m'avaient inspiré. En 1985, pour réaliser le film « Mammame » à partir de ma chorégraphie, il eut  ainsi l'idée de créer lui-même "l'ambiance" de son décor, un huis clos dont il disposait les parois différemment selon les séquences (couloir, chambre, cagibi...).
Dès le début du tournage, au Havre, dans la Maison de la culture dont il allait devenir le directeur, fidèle à sa façon de faire, il débordait d'idées, inventait des cadrages jamais vus, tentait les choses les plus folles avec des accessoires, utilisa sa fameuse lentille coupée en deux pour avoir dans l'oeil de la caméra une courte et une longue focale en même temps. Mais tout ceci prenait du temps et au milieu du tournage nous n'avions mis en boite que dix minutes du film. Je le lui fis remarquer. Alors il enchaina les plans-séquences pour rattraper le temps perdu, ce qui donne un film assez "baroque", très découpé au début, en longs plans séquences ensuite. Toujours plein de projets, et devant s'absenter une journée pendant le tournage, il me confia les clés du plateau. Pour la première fois, je réalisai un plan de cinéma, seul. Peut-être ai-je pris le goût de la réalisation à ce moment-là. Le tournage s'acheva plusieurs mois plus tard, sur les galets d'une plage de Normandie, avec un plan-séquence minutieusement répété : le duo de Robert Seyfried et Muriel Boulay qui conclut le film.
Jean-Claude Gallotta

 

Générique
réalisation Raoul Ruiz
chorégraphie Jean-Claude Gallotta
interprètes Eric Alferi, Mathilde Altaraz, Muriel Boulay, Christophe Delachaux, Jean-Claude Gallotta, Pascal Gravat, Priscilla Newell, Viviane Serry, Robert Seyfried
musique  Henry Torgue et Serge Houppin
décor et costumes Jean-Yves Langlais
lumières Manuel Bernard
production Groupe Emile Dubois – Arcanal – Cinémathèque Française de la Danse - Maison de la Culture du Havre – Maison de la Culture de Grenoble – Théâtre de la Ville (Paris)
producteur délégué  Maison de la Culture du Havre

durée 65'

dernière mise à jour octobre 2014

Gallotta, Jean-Claude

Après un séjour à New York à la fin des années 70 où il découvre l'univers de la post-modern Dance (Merce Cunningham, Yvonne Rainer, Lucinda Childs, Trisha Brown, Steve Paxton, Stuart Sherman...), Jean-Claude Gallotta fonde à Grenoble – avec Mathilde Altaraz – le Groupe Émile Dubois qui deviendra Centre chorégraphique national en 1984. Installé depuis ses débuts à la Maison de la culture (dont il sera le directeur de 1986 à 1989), il y crée plus de soixante chorégraphies présentées sur tous les continents, dont Ulysse, Mammame, Docteur Labus, Presque Don Quichotte, les Larmes de Marco Polo, 99 duos, Trois générations, Cher Ulysse...


Il a également chorégraphié plusieurs pièces pour le Ballet de l'Opéra de Lyon et pour le Ballet de l'Opéra de Paris. Invité par le metteur en scène Tadashi Suzuki à Shizuoka (Japon), il y a créé et fait travailler une compagnie japonaise de 1997 à 2000. Après l'Homme à tête de chou (à partir de l'album de Serge Gainsbourg dans une version d'Alain Bashung) en 2009, il crée en 2011 Daphnis é Chloé (Théâtre de la Ville) et le Sacre du printemps (Théâtre national de Chaillot) ; fin 2012, il présente Racheter la mort des gestes - Chroniques chorégraphiques 1 au Théâtre de la Ville, puis à la MC2 ; début 2013, la recréation d'Yvan Vaffan cherchant ainsi patiemment à partager avec le public un même récit, celui d'une histoire et d'un avenir artistique communs.

En octobre 2013, il co-signe le spectacle l'Histoire du soldat de Stravinsky et l'Amour sorcier de Manuel de Falla avec le chef d'orchestre Marc Minkowski et le metteur en scène Jacques Osinski. En 14-15, il présente le Sacre et ses révolutions à la Philharmonie de Parie et en juin, crée l'Étranger à partir du roman d'Albert Camus à la MC2 : Grenoble.

Il ouvre la saison 2015-2016 avec My Rock à la MC2 : Grenoble, puis au Théâtre du Rond-Point à Paris.

 

 

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Sous l’égide du Ministère de la Culture et de la Communication, le catalogue Images de la culture, géré par le Centre national du cinéma et de l’image animée (CNC), présente 300 de ses films consacrés à la danse. Réunissant captations de spectacle, fictions, entretiens ou documentaires, cette collection donne à voir une précieuse diversité d’esthétiques et d’approches de l’art chorégraphique du XXe siècle à aujourd’hui.

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Jean-Claude Gallotta est aujourd'hui à la tête de sa propre compagnie, le Groupe Émile Dubois, avec lequel il continue à travailler à l'extension du domaine de la danse : dialogue permanent entre création et répertoire, entre territoires de proximité et grandes scènes nationales et internationales. Quatre-vingt pièces en constituent le fonds, d'Ulysse, Daphnis é Chloé ou Mammame à l'Homme à tête de chou, Racheter la morts des gestes, l'Étranger ou My Rock.

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