Cher Ulysse

2010
Année de création : 2007

 
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Cher Ulysse

réalisation Jean-Marc Birraux
chorégraphie Jean-Claude Gallotta
interprètes Françoise Bal-Goetz, Darrell Davis, Ximena Figueroa, Marie Fonte, Ibrahim Guétissi, Mathieu Heyraud, Benjamin Houal, Yannick Hugron, Simon Nemeth, Cécile Renard, Thierry Verger, Loriane Wagner, Béatrice Warrand et Jean-Claude Gallotta

 

« Cher Ulysse,
Ta méditerranée t'est devenue étrangère. Tu y navigues en boucle, tu laisses faire le hasard.
Sur les rives d'Ithaque où tu arrives enfin, tu ne reconnais plus rien.
Et sous les traits de Bloom, le juif errant de Joyce, tu tournes en rond toute la sainte journée.
Même le costume blanc que je t'avais trouvé, rappelle-toi, ne te va plus très bien.
Tu vois, il y a des choses qu'on ne comprend plus, cher Ulysse, et personne ne sait vraiment à quoi ça tient.
Du monde, heureusement, me parvient encore une sorte de blues... »
Jean-Claude Gallotta

 

Note d'intention
A la création, en 1981, Ulysse se présentait comme « une activité continue d'une heure trente ». Ce ballet écrivait ainsi une des premières pages de la nouvelle chorégraphie française. Jean-Claude Gallotta y traçait blanc sur blanc  -décors, sol, costumes-  une danse en forme de rupture-hommage avec le modèle de référence américain.
La pièce fut reprise en 1993, la revoici en 2007. Changée ? Forcément. Immuable ? Bien sûr. Toujours la même et inévitablement autre. Parce qu'en un quart de siècle, le monde a tourné dix mille fois sur lui-même, et pas toujours rond, et souvent ivre de ses propres abjections. La danse ne peut plus y répondre par sa seule beauté, par sa seule innocence. Déjà, en 2001, Jean-Claude Gallotta avait offert à Ulysse son pendant au noir, avec Nosferatu, à l'Opéra de Paris. Son Ulysse a donc traversé les deux dernières décennies comme l'Ulysse d'Homère a traversé les mers, comme l'Ulysse de Joyce a traversé sa journée du 16 juin 1904. De ces odyssées, aujourd'hui, le parchemin chorégraphique porte forcément la trace. Quelques lambeaux, quelques souvenirs, quelques plumes sont accrochés au manteau de l'homme.
« Cher Ulysse, » dit Jean-Claude Gallotta. Sa chorégraphie est d'abord une missive. Mais dans cette missive-là, il n'est pas dit que le monde ne reconnaît pas l'homme qui revient, il est dit au contraire que c'est le revenant qui ne reconnaît pas le monde, où il ne retrouve pas la sirène qui lui servait de guide.
« Cher Ulysse, ton irruption fit grand bruit en 1981. Aujourd'hui, en te voyant entrer côté cour, plus fragile, plus secret, sur la scène aux blancheurs altérées, aux sonorités plus tourmentées, nous nous sommes dit que le jour était venu de nos reconnaissailles ».
Claude-Henri Buffard

 

Générique
chorégraphie et mise en scène Jean-Claude Gallotta
assistante à la chorégraphie Mathilde Altaraz
musique Strigall
lumières Marie-Christine Soma
costumes Jacques Schiotto et Marion Mercier
espace Jeanne Dard
dramaturgie Claude-Henri Buffard
avec Françoise Bal-Goetz, Darrell Davis, Ximena Figueroa, Marie Fonte, Ibrahim Guétissi, Mathieu Heyraud, Benjamin Houal, Yannick Hugron, Simon Nemeth, Cécile Renard, Thierry Verger, Loriane Wagner, Béatrice Warrand et Jean-Claude Gallotta
production Centre chorégraphique national de Grenoble
avec le soutien de la MC2 : Maison de la culture de Grenoble et du Théâtre National de Chaillot

durée : 71 '

dernière mise : octobre 2014

Gallotta, Jean-Claude

Après un séjour à New York à la fin des années 70 où il découvre l'univers de la post-modern Dance (Merce Cunningham, Yvonne Rainer, Lucinda Childs, Trisha Brown, Steve Paxton, Stuart Sherman...), Jean-Claude Gallotta fonde à Grenoble – avec Mathilde Altaraz – le Groupe Émile Dubois qui deviendra Centre chorégraphique national en 1984. Installé depuis ses débuts à la Maison de la culture (dont il sera le directeur de 1986 à 1989), il y crée plus de soixante chorégraphies présentées sur tous les continents, dont Ulysse, Mammame, Docteur Labus, Presque Don Quichotte, les Larmes de Marco Polo, 99 duos, Trois générations, Cher Ulysse...


Il a également chorégraphié plusieurs pièces pour le Ballet de l'Opéra de Lyon et pour le Ballet de l'Opéra de Paris. Invité par le metteur en scène Tadashi Suzuki à Shizuoka (Japon), il y a créé et fait travailler une compagnie japonaise de 1997 à 2000. Après l'Homme à tête de chou (à partir de l'album de Serge Gainsbourg dans une version d'Alain Bashung) en 2009, il crée en 2011 Daphnis é Chloé (Théâtre de la Ville) et le Sacre du printemps (Théâtre national de Chaillot) ; fin 2012, il présente Racheter la mort des gestes - Chroniques chorégraphiques 1 au Théâtre de la Ville, puis à la MC2 ; début 2013, la recréation d'Yvan Vaffan cherchant ainsi patiemment à partager avec le public un même récit, celui d'une histoire et d'un avenir artistique communs.

En octobre 2013, il co-signe le spectacle l'Histoire du soldat de Stravinsky et l'Amour sorcier de Manuel de Falla avec le chef d'orchestre Marc Minkowski et le metteur en scène Jacques Osinski. En 14-15, il présente le Sacre et ses révolutions à la Philharmonie de Parie et en juin, crée l'Étranger à partir du roman d'Albert Camus à la MC2 : Grenoble.

Il ouvre la saison 2015-2016 avec My Rock à la MC2 : Grenoble, puis au Théâtre du Rond-Point à Paris.

 

 

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Groupe Émile Dubois / Compagnie Jean-Claude Gallotta

Groupe Émile Dubois / Compagnie Jean-Claude Gallotta

Jean-Claude Gallotta est aujourd'hui à la tête de sa propre compagnie, le Groupe Émile Dubois, avec lequel il continue à travailler à l'extension du domaine de la danse : dialogue permanent entre création et répertoire, entre territoires de proximité et grandes scènes nationales et internationales. Quatre-vingt pièces en constituent le fonds, d'Ulysse, Daphnis é Chloé ou Mammame à l'Homme à tête de chou, Racheter la morts des gestes, l'Étranger ou My Rock.

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